Après l’empreinte énergétique des appareils électroniques, c’est à la pollution générée par nos applications favorites que s’attaque Greenpeace dans son rapport de 2017, Clicking Clean. En effet, l’empreinte énergétique du secteur des nouvelles technologies est déjà estimée à 7% de l’électricité consommée au niveau mondial, et elle ne fera sûrement qu’augmenter dans les années à venir. En prenant en compte toute la chaîne de production, la demande d’électricité globale du secteur des nouvelles technologies se classe derrière deux pays uniquement : la Chine et les Etats-Unis. Le streaming de vidéos, notamment, représentaient 63% du trafic Internet global en 2015, et est estimé atteindre les 80% d’ici 2020.

téléphone portable allumé sur un journal

Un point sur le potentiel des énergies renouvelables

Depuis 2009, Greenpeace analyse l’empreinte énergétique des géants d’Internet, avec l’idée que notre dépendance à Internet, si les data centers étaient alimentés par une énergie 100% renouvelable, pourrait accélérer notre transition vers un système de production alimenté par des énergies renouvelables. Dans le cas contraire, elle ne ferait qu’augmenter la demande pour une électricité sale, provenant notamment du charbon.

A la suite de Facebook, en 2011, puis de Apple et Google, en 2012, de nombreuses entreprises se sont engagées à une transition vers 100% d’énergies renouvelables pour l’alimentation de leurs data centers.

tableau fourni par Greenpeace
Source : Rapport Greenpeace

En effet, les énergies renouvelables sont de plus en plus attractives pour les entreprises : leur coût de moins en moins élevé les rend compétitives, et elles sont immunisées contre de potentielles et prochaines augmentations du prix de l’électricité liées à une augmentation du prix des énergies fossiles. De plus, la communication des entreprises sur leur transition vers les énergies renouvelables participe à la réputation de la marque, alors que les consommateurs attendent de plus en plus des firmes qu’elles prennent leurs responsabilités par rapports aux questions sociales et environnementales.

Un engagement encore faible

Cependant, des obstacles subsistent pour la mise en place d’un Internet 100% renouvelable, le premier étant le manque de transparence des entreprises. En effet, si toutes les entreprises ne peuvent pas investir dans les énergies renouvelables, en raison de leur taille ou de leur budget, toutes peuvent néanmoins faire preuve de leur bonne volonté en rendant publique la consommation énergétique liée à leurs activités, ce qui est malheureusement loin d’être le cas.

La définition, parfois assez floue, de ce que sont les « énergies vertes », rend également difficile l’analyse des déclarations des entreprises. Ainsi, les engagements vers le 100% renouvelable signifient que l’entreprise s’engage à alimenter ses data centers (pour les compagnies Internet) avec des énergies renouvelables (solaire, éolien, etc. et hydroélectricité), mais certaines entreprises essaient de faire entrer le nucléaire et le gaz naturel dans cette définition (alors qu’ils dépendent de ressources limitées). Les engagements envers la neutralité carbone signifient que l’entreprise s’engage à compenser ses émissions de dioxyde de carbone, notamment par l’achat de crédits carbones (qui correspondent à des investissements dans des énergies propres), sans pour autant les réduire.

Les principales conclusions du rapport

Apple, Facebook et Google gardent leur leadership en matière de transition vers des énergies renouvelables et utilisent leur influence pour pousser les gouvernements à soutenir une transition énergétique, tout en restant transparents sur l’empreinte énergétique de leurs data centers.

Amazon Web Service (une branche du site de vente en ligne Amazon, spécialisée dans les services de Cloud Computing, c’est-à-dire de location de serveurs informatiques, ou data centers) supporte une politique de transition envers les énergies propres, mais fait preuve d’un manque de transparence qui laisse le doute sur son engagement réel et empêche ses clients de connaître l’empreinte énergétique de leurs opérations en ligne. C’est notamment l’hébergeur de Netflix, qui représente déjà un tiers du trafic Internet en Amérique du Nord, et qui est en pleine croissance au niveau mondial. Greenpeace a lancé une pétition pour demander à Netflix d’abandonner les énergies polluantes.

Microsoft s’est engagé à une transition vers des énergies 100% renouvelables en 2014, et a depuis mis en place une taxe carbone interne, utilisée pour investir dans les énergies renouvelables.

Classement, non exhaustif, des entreprises selon leur empreinte énergétique

Source : rapport Greenpeace

Apple (propriétaire de la plateforme musicale iTunes) continue ses efforts pour alimenter ses plateformes en ligne avec des énergies renouvelables, avec une grande transparence. Il optimise également son efficacité énergétique en choisissant de placer ses data centers sous des latitudes nordiques pour profiter des avantages du froid.

Source : rapport Greenpeace

Facebook étant le siège des trois plus grands réseaux sociaux (Facebook, Messenger et WhatsApp) au monde, ainsi que d’Instagram, ses décisions sur l’alimentation de ses data centers ont un large impact sur la construction d’un Internet renouvelable. Facebook a été la première compagnie majeure d’Internet à s’engager à 100% d’énergie renouvelable, et continue de jouer un rôle de leader dans le secteur, notamment en montrant une forte transparence sur la consommation de ses principaux data centers, situés dans des régions leur permettant d’être alimentés avec des énergies renouvelables.

Source : rapport Greenpeace

Google, qui possède également YouTube, a fait des progrès importants dans son déploiement dans le secteur des énergies renouvelables pour accompagner sa croissance rapide, tout en se faisant un promoteur des énergies propres. Sa transparence est cependant à améliorer.

Source : rapport Greenpeace

Adobe, un fournisseur de logiciels dont les produits sont parmi les plus largement utilisés dans la création et l’aperçu d’images digitales et de documents, promeut les énergies propres et produit des mises à jour annuelles de son empreinte énergétique et environnementale. Il dépend cependant d’Amazon pour héberger ses Cloud Créatifs.

Source : rapport Greenpeace

Microsoft (hébergeur de Skype et Bing) est l’une des principales compagnies d’Internet. Etant donné sa forte croissance, des engagements plus importants que son objectif de 50% d’énergie renouvelable d’ici 2018 sont nécessaires.

Source : rapport Greenpeace

Yahoo! (hébergeur de Tumblr) a pendant longtemps fait partie des leaders en termes d’énergie renouvelables, mais ses avancées se sont ralenties ces dernières années.

Source : rapport Greenpeace

Le réseau social professionnel LinkedIn récemment acquis par Microsoft fait preuve d’une excellente transparence et est un bon promoteur du renouvelable. Par ailleurs, la durabilité est un de ses principaux critères pour le choix de l’emplacement de ses data centers.

Source : rapport Greenpeace

eBay, la compagnie de vente aux enchères en ligne, est un bon promoteur du climat et des énergies vertes. Ses performances ont cependant baissé depuis sa séparation avec PayPal.

Source : rapport Greenpeace

Etsy, le site de vente en ligne d’objets vintage et faits main, ne possède pas ses propres data centers mais fait preuve d’un fort engagement envers les énergies renouvelables et pousse ses hébergeurs à 100% de renouvelable d’ici 2020.

Source : rapport Greenpeace

Amazon, la plus grande entreprise mondiale du Cloud est l’une des moins transparentes concernant son empreinte énergétique. Bien qu’elle ait pris des engagements envers les énergies renouvelables, et en soit l’un des principaux promoteurs, son manque de transparence pose la question de son engagement réel.

Source : rapport Greenpeace

HP s’est engagé envers 100% d’énergies renouvelables, dont 50% d’ici 2025 et a signé ses premiers accords, mais manque de transparence.

Source : rapport Greenpeace

IBM cherche à s’imposer parmi les principales compagnies d’Internet, mais manque de transparence sur sa consommation énergétique. Son engagement indicatif de 20% d’énergie renouvelable d’ici 2020 est facilement atteignable, et sa promotion de la protection du climat reste faible.

Source : rapport Greenpeace

Manque de transparence et d’engagement envers les énergies renouvelables de la part de Samsung.

Source : rapport Greenpeace

Manque de transparence et d’engagement envers les énergies renouvelables de la part d’Acer, si ce n’est un objectif de réduction des émissions carbones pour 2020.

Source : rapport Greenpeace

Asus attend la création d’un marché des énergies renouvelable pour s’y intéresser, et manque de transparence.

Source : rapport Greenpeace

Manque de transparence et d’engagement envers le renouvelable de la part du service de diffusion de films HBO.

Source : rapport Greenpeace

Netflix dépend d’Amazon pour délivrer son contenu. Sa rapide expansion se fait principalement par une alimentation en énergies sales (charbon), et il ne fait montre d’aucune transparence ou engagement envers le renouvelable, malgré une amélioration de son efficacité énergétique ces dernières années.

Source : rapport Greenpeace

Spotify, une des principales compagnies de streaming audio au monde avec environ 75 millions d’utilisateurs actifs, dépend des data centers de Google pour délivrer ses musiques. L’entreprise manque de transparence et ne s’est pas engagé envers le renouvelable, même si sa migration des data centers d’Amazon à ceux de Google a amélioré son alimentation en énergies renouvelables.

Source : rapport Greenpeace

WordPress, la plateforme de blogs, est possédé par Automattic, qui a transmis à Greenpeace les données relatives à l’empreinte carbone de ses data centers mais ne s’est pas engagé envers les énergies renouvelables.

Source : rapport Greenpeace

Absence de transparence et d’engagement envers les énergies renouvelables de la part de LG.

Source : rapport Greenpeace

Pinterest, la plateforme en ligne de partage d’images, dépend d’Amazon pour délivrer son contenu, et manque de transparence et d’engagement envers le renouvelable.

Source : rapport Greenpeace

Twitter ne fait preuve d’aucune transparence, ni d’engagements envers les énergies renouvelables, malgré sa croissance.

Défis Futurable !

→ Essaie d’utiliser uniquement des applications ayant une faible empreinte carbone.

→ Signe la pétition de Greenpeace demandant à Netflix d’abandonner les énergies polluantes.

Amandine
Sources :

#ClickClean, par Greenpeace, pétition en ligne.

Greenpeace, « Clicking Clean : Who is Winning the Race to Build a Green Internet ? », 2017, en ligne.

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