Qu’il s’agisse de Mélanie Laurent et Cyril Dion dans Demain ou de Michael Moore dans Where To Invade Next, les réalisateurs se tournent souvent vers la Finlande quand il s’agit de parler d’une autre manière d’enseigner. Et pour cause : le pays se trouvait en 2009 sur la troisième marche du podium du classement PISA traitant de l’éducation dans le monde. Depuis, il prouve chaque année qu’il est à la hauteur des attentes qu’il suscite. La France pendant ce temps stagne voire rétrograde dans le classement. Quels sont les enseignements de l’Ecole finnoise dont notre Ecole pourrait s’inspirer ?

Règle en métal, crayon, paire de longs ciseaux et classeur épais sur un bureau

Apprendre à apprendre en Finlande, apprendre par cœur en France

C’est bien souligné dans Demain : dans les écoles finnoises, les élèves apprennent à apprendre. On personnalise, on donne aux élèves des clés différentes pour ouvrir les portes de la lecture ou de l’écriture. On adapte aux besoins et aux capacités de chacun. On ne dit pas « il faut faire comme ça, c’est la seule bonne manière de faire, si vous ne faîtes pas ça, ça ne fonctionne pas ». L’important c’est d’arriver à lire un livre, peu importe si c’est en apprenant d’abord des lettres ou d’abord des mots. L’école finnoise admet que chaque cerveau d’enfant est construit différemment et que par conséquent, un modèle unique est inefficace.

Par ailleurs, en plus des matières dites de bases (mathématiques, histoire, finnois…), les élèves apprennent tôt des choses plus élémentaires de la vie quotidienne comme la cuisine ou encore la couture. Ces cours sont bien entendus mixtes. On prend également des cours de « vivre ensemble » ou de courtoisie. L’idée c’est d’apprendre à vivre dans une société diverse, dans laquelle tous les enfants sont différents mais égaux.

Les programmes de scolarité évoluent tous les 7 ans en Finlande. Lors de la prochaine réforme, qui aura lieu en 2024, le pays songe à supprimer totalement les matières classiques dans l’éducation primaire. Tout deviendrait alors intersectionnel : les élèves apprendraient à compter et à lire en faisant la cuisine, ils apprendraient l’Histoire à travers les cours de vivre ensemble… L’objectif est de renforcer le sentiment d’utilité de l’apprentissage. Qui ne s’est jamais demandé à quoi lui servirait le théorème de Pythagore dans la vraie vie ? C’est en effaçant ces doutes et le désintérêt qui peut en résulter que la Finlande compte encore améliorer son modèle éducatif.

Si l’on reprend un peu tout ça, on peut voir que ce modèle d’apprentissage dont pourrait s’inspirer la France, c’est avant tout un modèle qui crée un cadre de vie sociétal dans lequel l’enfant évolue à sa manière et apprend à apprendre avant d’apprendre par cœur.

 

L’absence de système de notation en Finlande, l’évaluation systématique en France

La création d’un environnement de confiance et d’évolution saine passe également par la manière dont les connaissances acquises sont évaluées. C’est à nouveau dans Demain que l’on apprend que les Finnois ne sont pas notés pendant tout le début de leur scolarité. Mais comment ça marche alors ? Comment motiver des élèves autrement qu’en les mettant en concurrence ? En les encourageant, en les écoutant et en les aidant peut-être ? Le système éducatif finnois a pris pleinement conscience des disparités pouvant exister entre les élèves une fois à la maison et c’est pour cela, qu’en plus de ne pas évaluer, l’école ne donne pas non plus de devoirs aux élèves. Et pourtant il faut croire qu’ils avancent et réussissent étant donné les résultats de l’enquête PISA. Moins d’heures par semaine, pas de devoirs, pas de notes : tant de réformes proposées et rejetées les unes après les autres par l’Education Nationale française. Il faut toutefois bien se rendre compte d’une chose : les réformes de l’école ne se sont pas faites en un jour. Nous parlons ici d’un mouvement entamé dans les années 1970. Mais l’école finnoise bénéficie d’un net avantage sur son homologue française.

En effet, en Finlande, l’éducation n’est pas un sujet de compétition politique, c’est une priorité commune. Alors qu’en France, chaque nouveau gouvernement met à jour l’Education Nationale avec SA vision des choses (les réformes successives sur les rythmes scolaires par exemple entre 2013 et 2016), les Finnois ont décidé, depuis les années 1970, que l’Éducation devait être au-dessus des conflits politiques. Les orientations de programme, de contenu et de modèles d’enseignement sont donc définies sur le long terme et n’hésitent pas à s’inspirer de théories innovantes pour avancer. Cette manière de procéder est arrivée à la suite du constat de l’état catastrophique de l’éducation dans le pays… Peut-être que la France aura bientôt une prise de conscience similaire ? En tout cas, s’il doit en être ainsi, elle sait qu’elle peut se tourner vers ses camarades du Nord pour copier un peu. Parce qu’après tout, il vaut mieux un résultat bénéfique obtenu grâce à l’observation et à l’entraide qu’un acharnement dans les positions négatives résultant d’une obstination à ne pas voir plus loin.

 

Chloé

 

Défis Futurable !

→ Regarder Demain, Mélanie Laurent et Cyril Dion

→ Quelques exemples existent en France tels que “La ferme des enfants”, renseigne-toi à leur sujet 😉

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