Visage de femme avec des yeux en amande et des gros sourcils

 

Passer d’un mode de vie à un autre, quels qu’ils soient, n’est pas évident car il suscite bien souvent des réactions de la part de notre entourage ou des personnes que nous rencontrons au quotidien, d’une manière plus générale. Mais c’est sûrement encore plus vrai lorsque l’on adopte un mode de vie plus éthique (qu’il soit axé sur le Zéro Déchet, le véganisme ou encore la santé…), car il entraîne très généralement de l’incompréhension ou des protestations assorties de clichés : “c’est trop cher”, “c’est trop difficile”, “ça ne sert à rien”, “c’est bon pour les bab’cools”, “tu deviens trop radicale”…

 

Nous avons justement créé ce blog dans le but de démontrer qu’être éthique, moderne et actif est tout à fait possible et même si nous pensons qu’un grand nombre de personnes peut être séduit par les solutions qui existent aujourd’hui, il n’en demeure pas moins que tout cela prend du temps à expliquer puisqu’il s’agit d’une démarche qui se déploie dans le temps. De ce fait, il nous faut apprendre à gérer les réactions négatives des autres concernant notre changement de vie : il y a parfois des moments difficiles et c’est pourquoi nous avons décidé de consacrer un article à ce sujet (sous forme d’interview de nous trois), en espérant qu’il t’aide et t’encourage à persévérer dans la voie du progrès 😉

 

 

Les astuces de Mélanie pour ne pas être blessé(e) par les remarques des autres à propos de l’adoption d’un mode de vie plus éthique

 

Au quotidien, quelle philosophie essaies-tu d’appliquer concernant le regard des autres sur ton passage à un mode de vie plus éthique ?

Je tape tout le monde ! Blague à part, j’essaie de rester attentive aux autres et ouverte à la contradiction, tout en essayant de convaincre l’autre du bien-fondé de mon changement de vie.

Je discerne deux types de cas : soit la personne semble curieuse et dans ce cas je bavarde tranquillement sur le sujet avec elle ; soit la personne apparaît être réticente et alors je cerne les raisons pour lesquelles elle n’a pas un bon a priori sur le passage à un mode de vie plus éthique, afin de lui présenter mes meilleurs arguments et anecdotes selon ses attentes (si elle me dit que c’est trop cher, je lui donne des contre-exemples concrets, si elle me dit que ça ne sert à rien, j’argue qu’il faut se battre pour l’honneur et non pas le résultat dans l’absolu et etc…). Et si, après cet échange, la personne est vraiment de mauvaise foi, j’avoue qu’il m’arrive de sortir des exemples assez brutaux, histoire de marquer son esprit et de la faire réfléchir après-coup : c’est pas bien mais des fois c’est drôle de pousser la personne dans ses retranchements haha !

As-tu subi des remarques de la part de ton entourage proche (famille et amis) ? Si oui, comment les as-tu surmontées ?

Les gens sont toujours surpris par la différence. Alors quand j’ai réellement commencé à appliquer mes convictions à mon quotidien en février dernier, je suis un peu passée pour une illuminée écolo dans ma fac ou une extrémiste dans ma famille.

Mais je vois cela d’un oeil positif, car cela m’a permi de faire le tri dans mes fréquentations : il est impossible de convaincre tout le monde et en être consciente m’a soulagée lorsque j’ai été amenée à prendre mes distances avec quelques personnes qui représentaient un frein à mon évolution, en ce qu’elles voyaient cette dernière de manière négative. Et à propos de mes véritables amis, qui ne partagent pas tous mes convictions, cela m’apprend à être tolérante et patiente : je m’efforce de continuer à changer de mode de vie sereinement, dans l’espoir qu’ils prennent un jour exemple sur les nouvelles habitudes que j’ai acquises.

Concernant les fréquentations inévitables, c’est-à-dire ma famille, qui a eu du mal au début notamment avec le fait que je devenais végétarienne, j’ai là encore pris mon mal en patience, malgré leurs propos parfois blessants : cela a fini par payer car nous avons désormais un compost à la maison, par exemple, et mon père a sensiblement réduit sa consommation de viande.

Par ailleurs, j’ai évidemment trouvé du réconfort chez mes amis partageant les mêmes convictions que moi et dans la certitude, ancrée en moi, qu’il fallait que je continue dans la voie du zéro déchet. En fait, je suis convaincue qu’il est important d’être bien entouré(e) et d’avoir suffisamment confiance en soi pour se sentir légitime dans sa démarche : il faut s’assumer.

Des astuces pour ne pas se laisser décourager par ceux qui pensent que ça ne sert à rien de changer de mode de vie ?

Se recentrer sur les bénéfices quotidiens de l’adoption d’un mode de vie plus éthique (baisse de la fréquence des changements de poubelle grâce à la démarche ZD, amélioration de la santé grâce à une alimentation bio…) est une bonne manière de garder la certitude que oui, ce changement a une utilité réelle, ne serait-ce que pour soi-même. Et sinon, il faut se concentrer sur la fierté de faire quelque chose de vraiment utile et bénéfique 😉

 

 

L’avis de Lisa sur les réactions négatives des personnes concernant son refus de vivre dans la consommation irraisonnée

 

Au quotidien, quelle philosophie essaies-tu d’appliquer concernant le regard des autres sur ton passage à un mode de vie plus éthique ?

J’essaie de ne pas me laisser influencer tout en prenant acte de certaines remarques qui pourraient s’avérer constructives.

Le regard des autres pouvaient m’affecter autrefois en ce qui concerne mes idées et valeurs. Mais au final je ne vois pas pourquoi vouloir s’en cacher, de plus en plus de personnes tentent de faire barrage au système ou n’y adhèrent tout simplement plus.

Je prends simplement mon temps pour annoncer mon point de vue de la bonne façon.  

Je pense également que chacun a besoin de temps pour se rendre compte qu’on peut changer la société par des actions personnelles quotidiennes : j’essaie donc de guider ces personnes du mieux que je peux en leur montrant que le changement est certes lent, mais possible et palpable.

As-tu subi des remarques de la part de ton entourage proche (famille et amis) ? Si oui, comment les as-tu surmontées ?

Oh que oui, j’ai bien sûr eu le droit aux petites réflexions du genre « mais tu ne changeras pas la monde » et au surnom « l’écolo » etc… Mais par la suite, beaucoup de ces personnes se sont mises elles aussi à faire plus attention à leurs habitudes quotidiennes et ont fait un point sur leur mode de vie. L’exemple le plus flagrant est celui de mes parents et de ma sœur : eux qui ont été les premiers à me charrier sur mes idées ont désormais un compost ayant dernièrement servi pour ajouter du terreau au potager, qui a alors retrouvé une seconde vie. Leur consommation de viande a drastiquement diminué et s’ils en mangent, alors elle provient des fermes environnantes. Les fruits et légumes pour la plupart proviennent de producteurs locaux également. Et le plus important de tout, c’est qu’ils deviennent ambassadeurs de ce qui est dit sur Wake the Bees up!

Ce qui m’a permis de tenir, c’est le fait d’avoir des amies proches avec qui j’ai pu me lancer pleinement dans cette démarche de changement de vie. A trois, nous nous sommes soutenues et ça a beaucoup aidé !

Des astuces pour ne pas se laisser décourager par ceux qui pensent que ça ne sert à rien de changer de mode de vie ?

Pour ma part, il me semble important de te trouver des « alliés », soit des amis ou tout simplement des personnes qui pensent comme toi ou qui suivent la même démarche que toi.

Ensuite, comme pour beaucoup d’autres choses, il faut veiller à ne pas tomber dans les extrêmes et garder un esprit critique sur tout ce que tu peux lire ou entendre. Être à fond, c’est bien, mais cela peut aussi avoir des répercussions négatives, surtout socialement : cela ne sert à rien de brusquer les gens.

Pour rebondir sur ce qui a été dit, j’ajouterai simplement qu’il faut bien garder en tête que, par notre démarche, nous mettons mal à l’aise : les gens prennent peu à peu conscience des réalités qui les entoure et cela les effraient, d’où les moqueries et autres réactions. Il suffit donc simplement de parvenir à attiser leur curiosité pour que les choses viennent d’elles-même.

Et enfin, tiens bon ! Tout changement n’est jamais facile à assumer mais lorsqu’on s’entoure bien, on finit par s’habituer à tout et par devenir plus fort 😉

 

 

Les conseils de Mathilde pour ne pas se décourager dans ses efforts de changement de vie à cause des reproches de son entourage

 

Au quotidien, quelle philosophie essaies-tu d’appliquer concernant le regard des autres sur ton passage à un mode de vie plus éthique ?

Je n’y réfléchis pas vraiment, mais j’en parle avec une grande modération. En fait, mon comportement dépend clairement de celui des autres. Autant avec des gens très ouverts, connaisseurs, ou curieux sur le sujet, il est facile d’aborder le sujet, de développer les contradictions et de faire avancer son point de vue ; autant, à l’inverse, avec des amis que je ne connais pas pour ou grâce à ça, ou encore avec des gens peu intéressés, je ne parle pas de ma démarche par peur de paraître “perchée”. Au travail, par exemple, où la plupart des hommes n’ont pas l’air réceptifs, je ne force pas.

La plupart du temps, j’essaie d’amener le sujet tout doucement : ce n’est pas avec des gens que je connais à peine que je développerai à quel point je trouve les toilettes sèches géniales ou  les couches lavables pour enfants. En revanche, souvent, le fait d’être végé (et les raisons de l’être) est abordé, le compost et le marché aussi, le fait de faire son déo ou sa lessive, ce qui me permet de me livrer un peu sur ces sujets ; mais c’est bien souvent sans parler de la démarche zéro déchet dans sa globalité pour ne pas “paraître perchée” vu que c’est encore bien vu comme ça, tout de même.

A mon avis, il ne faut vraiment pas pousser le sujet, ni contraindre les autres à penser comme nous, sous peine d’être perçu comme un “extrémiste” et d’être clairement lourd, provoquant ainsi l’effet inverse de celui voulu. Pour que monsieur X ait envie et soit fier d’entrer dans cette démarche de changement, il faut que ce soit son choix à lui.

As-tu subi des remarques de la part de ton entourage proche (famille et amis) ? Si oui, comment les as-tu surmontées ?

Bien sûr que oui, et notamment à propos du fait d’être vegan. Mes potes en ont beaucoup ri et ça a grandement énervé mon Papy, qui l’a vécu comme un rejet des plats (à base de viande) qu’il prenait soin de cuisiner pour ma famille et moi. Mais c’est le jeu, j’ai mes raisons, je les explique et puis, faut savoir en rire aussi, commander un kebab végé en France en soirée entre potes, c’est plutôt… cocasse.

Des astuces pour ne pas se laisser décourager par ceux qui pensent que ça ne sert à rien de changer de mode de vie ?

Ne pas être blessée par les remarques c’est plutôt simple quand on a l’impression de faire ce qu’il faut pour nous, les autres, la planète etc. Tout ne repose pas sur nous, mais on peut faire des choix pour le monde que nous voulons. Je trouve ça simple de ne pas être impactée par les moqueries car les moqueries viennent de personnes qui soit ne savent pas, soit veulent faire rire la galerie. Et puis, il est aussi nécessaire de faire la différence entre les blagues (drôles) et les moqueries (méchantes). Pour rester droit dans ses bottes, suffit de penser au pourquoi 😉

Ce que je trouve plus difficile, c’est quand, sur des projets tout frais et des envies de test, de vrais amis te disent que ça sert à rien, que tu perds ton temps et que ça n’impacte personne. Je trouve ça plus dur et j’ai pas encore trouvé la recette pour passer outre, mais j’imagine que c’est du recul qu’il faut, car en vérité c’est plus le fait que ce soit des potos qui le disent qui fait mal.

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