EN BREF
CE QU’ON FAIT :

On achète des fringues aux géants du textile sans réfléchir parce qu’on adore se vêtir avec style.

EN QUOI EST-CE NÉGATIF ?

Ces vêtements sont imprégnés de susbtances très nocives à terme pour la santé : ces composants toxiques sont tellement persistants qu’on les retrouve jusque dans les cordons ombilicaux des nouveaux-nés lorsque leur mère a porté des vêtements qui en contenaient.

ET SI…

Et si on cessait de se fringuer au détriment de notre santé ?

COMMENT ?

En prenant conscience des composants nocifs qui constituent les vêtements des géants du prêt-à-porter, pour arrêter d’acheter ces vêtements.  Pour cela nous avons ce qu’il te faut: un rapport de la campagne « Detox » menée par Greenpeace depuis 6 ans.

Défis Futurable !

→ Vérifie si les vêtements dans ton placard appartiennent aux marques citées.

→ Favorise les vêtements d’occasion ou recyclés.

ARTICLE COMPLET

Rangée de chemises pour homme sur cintres

Nous avons tous tendance à penser, moi la première, que de nos jours toutes les grandes marques et multinationales usent et abusent du greenwashing. De ce fait, nous les mettons tous dans le même sac.

Nous aurions aimé jouer les Elise Lucet et nous infiltrer au sein des entreprises de production afin d’évaluer leur réel engagement social et environnemental. Hélas ce n’est pas possible… En revanche ce qui est en notre pouvoir, c’est d’analyser le rapport, déjà bien avancé et complet, de la campagne « Detox » menée par Greenpeace depuis 2011.

Les objectifs de la campagne Detox

Dans une précédente série d’articles, nous t’avons exposé les différents problèmes liés à l’industrie textile sur le plan social, environnemental et sur la santé.  La campagne Detox reprend d’ailleurs une partie de ces points.

En effet, tu n’ignores sûrement pas que la quasi-totalité de tes vêtements contiennent des produits chimiques et dangereux. Ces derniers nuisent à ta santé, ou alors leurs effets sont encore incertains.

Rien qu’au Bangladesh par exemple, premier producteur de cuir dans le monde, ce sont chaque jour 21 000 mètres cubes de rejets toxiques qui sont déversés dans le fleuve Buriganga, pourtant la seule source d’eau potable pour les 16 millions d’habitants. Cet exemple parmi tant d’autres a poussé Greenpeace à réagir.

L’ONG souhaite donc à-travers cette campagne, faire appel à la société civile, en la mobilisant et en la poussant à exprimer son ras-le-bol.

Dans un second temps, le but de l’ONG est de rallier à sa cause un maximum de marques de l’industrie textile. L’enjeu majeur étant de les rendre éco-responsables et de les pousser à trouver des solutions aux problématiques qu’elles engendrent. 

Trois principes fondamentaux pour atteindre ces objectifs

Afin de pouvoir s’assurer des changements apportés par les multinationales de la mode, Greenpeace leur impose trois critères-clés : prévention et précaution, droit à l’information et élimination.

Prévention et précaution

En raison des incertitudes scientifiques, Greenpeace impose aux entreprises de procéder à la recherche et à l’élimination de tous les produits toxiques et même de ceux qui sont supposés n’être que des “substances à risque”. Car suivre l’hypothèse selon laquelle ces substances seraient simplement des « substances à risques » réduirait considérablement le nombreuses de mesures et d’actions mises en place pour éliminer ces substances et leur trouver des alternatives.

En utilisant cette méthode d’élimination des substances toxiques, Greenpeace enjoint donc à un contrôle continuel ainsi qu’à toujours pousser plus loin les procédés de détection en utilisant les nouvelles technologies mises au point. La mise en place de tels procédés coûte éminemment cher, c’est notamment pour cela que très peu d’entreprises se disent prêtes à a se lancer dans de telles démarches.

Droit d’information

Greenpeace considère que le droit à l’information est un droit fondamental. De ce fait, l’ONG exige des entreprises une campagne de communication nommée « Désintoxication Responsables ». Les entreprises doivent y exposer un plan clair, pertinent et précis sur l’utilisation et la décharge de produits chimiques dangereux que leurs usines déversent dans les eaux fluviales et maritimes. Ces informations doivent être divulguées publiquement, et, par-dessus tout, les entreprises doivent prendre grand soin de tenir informées les personnes vivant à proximité des conduits d’évacuation des usines ou des ateliers.

La crédibilité des informations données dans le cadre de cette démarche, liée à la transparence publique, permet aux entreprises et à leurs fournisseurs d’identifier correctement où, et comment, les produits chimiques sont déchargés. Ce qui facilite bien évidemment leur élimination par la suite.

Elimination

Il est aujourd’hui primordial de conserver les eaux propres. Greenpeace demande pour cela l’élimination de onze substances dangereuses et toxiques pouvant se trouver dans les textiles et utilisées, pour certaines d’entres elles, massivement.

Les marques les plus engagées ont déjà fourni un rapport reprenant leurs objectifs et la deadline de ces derniers. L’élimination de ces substances doit être accompagnée de preuves fournies par les entreprises à-travers des rapports sur leur pages web et des études de cas concernant les alternatives envisagées, publiées sur la plate-forme Subsport.

Ces objectifs doivent être en mesure d’être atteints d’ici 2020. Pour s’assurer du suivi des engagements pris par ces entreprises, Greenpeace a mis en place un système de contrôle régulier en se rendant sur les lieux de productions et auprès des sièges sociaux, ainsi qu’en consultant les documents internes et officiels exigés des entreprises.

 Rangée de vêtements pour femme sur cintres

Campagne Detox, les résultats après 5 ans d’engagement

Depuis le lancement de la campagne en 2011, Greenpeace a régulièrement contrôlé l’avancée des engagements pris par les multinationales. Divers rapports ont été effectués, dont un très complet en 2013, et les classements ont également évolué suivant la progression de chaque marque. Ce classement est tout simplement réalisé sur la base des critères énoncés plus haut et est découpé en trois parties : les leaders, les greenwashers et les losers.

Les leaders

Les « Leaders », ce sont les marques qui, depuis leur engagement auprès de la campagne Detox, remplissent les objectifs qu’elles se sont fixés et qui sont en accord avec les critères imposés.

Au total, Greenpeace recense 14 marques dans sa catégorie « Leaders » :

  • Benetton
  • C&A
  • COOP
  • Esprit
  • G Star Raw
  • H&M
  • Inditex (Zara)
  • Levi Strauss & Co
  • Limited Brands
  • Mango
  • Mark & Spencer
  • Puma
  • Fast Retailing
  • Valentino  Fashion Group

 

Greenpeace a récompensé plusieurs marques pour leurs actions. Ainsi, la marque italienne Benetton figure tout en haut de la liste des “Leaders”. En effet, Benetton, dès le début de ses engagements auprès de Greenpeace a fait preuve de transparence, et a clairement exposé son mode opératoire concernant l’assainissement de ses chaînes de production. Benetton utilise désormais les technologies disponibles pour identifier et éliminer efficacement les substances toxiques de ses productions. Enfin, Benetton travaille main dans la main avec Greenpeace et l’Institut chinois de l’environnement afin de mettre en ligne les données concernant les rejets chimiques de ses fournisseurs en Chine et dans d’autres pays de l’hémisphère sud.

En outre, C&A, fait partie des marques qui prennent leur engagement le plus au sérieux, elle est d’ailleurs en avance sur son calendrier. C&A a décidé de mettre la barre encore plus haut, en s’imposant des exigences plus importantes que ce qui avait été initialement proposé : la marque est en passe d’éliminer les composants perfluorés de sa production.

Enfin, H&M, s’est engagé à éliminer 11 substances chimiques toxiques et tient ses promesses jusque-là. La marque suédoise souhaite faire preuve de transparence totale auprès de ses clients, c’est pourquoi elle a décidé de rendre publiques les données concernant les rejets toxiques de ses fournisseurs sur la plateforme de l’Institut chinois pour l’environnement. Un  choix ambitieux !

 

Les Greenwashers

Selon l’ADEME, le « greenwashing », ou éco-blanchiment en français, « consiste pour une entreprise à orienter ses actions marketing et sa communication vers un positionnement écologique ». C’est le fait, souvent, de grandes multinationales qui, de par leurs activités, polluent excessivement la nature et l’environnement. Alors, pour redorer leur image de marque, ces entreprises investissent dans la communication pour « blanchir » leur image sans pour autant changer leurs pratiques : c’est pourquoi on parle de « greenwashing. ».

Le terme de “greenwashing” peut également être mis en parallèle avec celui de “brainwashing” (ou “lavage de cerveau”). Nous, les clients, les consommateurs, sommes alors totalement conditionnés par ce qui nous est vanté par les pub, à tel point que les grandes entreprises nous asservissent totalement.

Les entreprises utilisant cette méthode marketing sont dès lors appelées « Greenwashers ».

Dans cette catégorie, Greenpeace retient les noms de 3 grandes marques : Adidas, Linin et Kike Inc.

En prônant leur engagement dans cette campagne sans pour autant faire un réel effort pour atteindre les objectifs fixés, ces marques figurent donc parmi les « Greenwashers ». D’ailleurs, aucune d’entre elles n’a réussi à éliminer les substances chimiques de ses chaînes de productions : Greenpeace les décrit comme « accros » à ces substances. Enfin, aucune ne souhaite faire preuve de transparence.

Les Losers

A la surprise générale (ou peut-être pas d’ailleurs), le résultat des marques de luxe est plus que décevant.

Elles sont même classées hors catégorie par Greenpeace pour qui ces marques font figure de « toxic addicts ». Pour cause, certaines marques refusent encore catégoriquement d’éliminer tout ce qu’il y a de toxique dans leurs produits. Et pourtant, ils ont de quoi faire si l’on s’en tient aux analyses réalisées par Greenpeace ces dernières années.

Parmi ces marques, on retrouve : Armani, Bestseller, Diesel, D&G, GAP, Metersbonwe, PVH, Vancl et Versace mais aussi des maisons de luxe françaises telles que Hermès et LVMH Group/Christian Dior Couture, qui continuent de nier le problème.

Le constat n’est cependant pas entièrement noir. Comme cela a été cité plus haut, la maison de haute couture Valentino sort du lot. En effet, elle est allée plus loin que l’élimination de substances chimiques dangereuses dans sa chaîne de fabrication en menant dès à présent une politique de “zéro déforestation”.

A Valentino s’ajoutent Ferragamo ou Louis Vuitton, qui se sont engagés partiellement dans la Campagne Detox.

Afin de mener ses enquêtes à bien, Greenpeace procède à des entretiens et dialogues avec les entreprises.

L’ONG exige des rapports, des listes des substances présentes dans les chaînes de production et des documents détaillant les procédures de mise en place des nouvelles alternatives. De plus, des audits auprès des fournisseurs et une analyse interne du site web sont effectués. Le but est ici d’avoir accès à toutes les données possibles, et de vérifier si la transparence est réelle aussi bien en interne qu’en externe.

La nécessité d’aller plus loin que la Campagne Detox

Nous ne le répéterons assez jamais, mais en temps que consommateur, tu possèdes un pouvoir énorme : celui d’acheter le monde dans lequel tu veux vivre.

Si les grandes marques se soucient aujourd’hui en partie de leur impact environnemental et de la santé de leur clients ainsi qu’éventuellement de celle de leurs travailleurs, il leur reste tout de même encore un long chemin à faire. Loin d’être durables, donc.

Comme l’indique Greenpeace, il est aujourd’hui nécessaire de changer de modèle économique et de trouver de nouvelles alternatives à la problématique du fast-fashion (ex : Vinted, Les Récupérables).

Rappelons-nous également que ces marques cherchent à améliorer leur image. C’est donc tout en leur faveur que de participer à ce type d’engagement.

 

Conclusion sur la campagne Detox

La campagne a rapidement mobilisé du monde : en seulement 8 jours, près de 210 000 personnes se sont insurgées contre la marque Levi’s, encore réticente aux clauses imposées par Greenpeace.

Cela prouve qu’il est possible pour la société civile de contribuer au changement. Sous la pression des consommateurs, les entreprises n’ont pas d’autre choix que de se plier à leur volonté. Le client est roi, comme on dit.

Ce sont, à présent, un peu plus de 76 marques et fournisseurs textiles, soit 15% de la production textile mondiale, qui sont engagés dans cette campagne Detox.

15% c’est encore peu, mais si chacune de ses multinationales joue véritablement le jeu jusqu’au bout, le poids du résultat sera non-négligeable.

  Lisa

 

Sources:

Greenpeace, « Défi Detox : le monde ne doit pas se défiler », 2016, en ligne.
Greenpeace, « Défi Detox : les tops et les flops des marques textiles », Juillet 2016, en ligne.
Greenpeace, « DETOX : après quatre ans de campagne, où en sont les marques ? », Mars 2015, en ligne.
Site Detox Catwalk par Greenpeace, accessible ici.
Greenwashing.fr, « Qu’est-ce que le greenwashing ? », en ligne.

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