Dans les précédents articles, nous te présentions l’Economie Sociale et Solidaire dans les grandes lignes. Aujourd’hui, nous abordons un premier aspect plus détaillé de ce système : l’économie circulaire.

Tout récemment, l’une d’entre nous, Mathilde, a assisté à une conférence sur l’économie circulaire (EC), animée par Cyril Dion, le co-réalisateur du film Demain et ancien directeur du Mouvement Colibris. Nous te livrons donc ce qui peut être retenu de cette conférence.

Le concept de l’économie circulaire

L’économie circulaire, aussi connue sous le nom de “blue economy” ou encore “écolonomie”, se fonde sur un autre mode de consommation, plus ancien, que celui régissant actuellement notre système. Aujourd’hui, nous consommons de façon linéaire : nous créons, achetons, jetons.

 Schéma sur la production linéaire : production, commercialisation, utilisation, déchet

Au cours des siècles précédents, un modèle de production circulaire prévalait : ce qui était créé était utilisé et réutilisé tant que possible (mouchoirs en tissu, valorisation des épluchures de légumes…) puis recyclé et transformé en quelque chose d’également utile (par exemple, l’industrie textile récupérait les os de viande consommée par les foyers pour les transformer en bouton). C’est notamment l’ère du plastique à moindre coût qui a mis fin à cette économie.

En effet, ce dernier, produit rapidement, a permis d’augmenter le profit sans limite et d’entrer dans un mode de consommation dans lequel règne les produits à usage unique (assiettes en plastique, serviettes en papier, blister) sur les autres produits, vite qualifiés de ringards, voire non-hygiéniques.

Les domaines et piliers de l’économie circulaire

L’EC se divise en trois domaines présentés sur le document de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) ci-dessous.

schéma eco circulaire
Schéma provenant du site internet de l’ADEME

 

L’EC repose également sur sept piliers, cités là aussi par l’ADEME :

  • L’approvisionnement durable concerne le mode d’exploitation/extraction des ressources (renouvelables ou non-renouvelables) tout en limitant l’impact sur l’environnement, notamment pour l’exploitation des ressources énergétiques et des matières minérales et pour l’exploitation agricole et forestière. Ce pilier recouvre les éléments relatifs aux achats privés et publics, c’est-à-dire les actions des entreprises comme celles des collectivités ;
  • L’écoconception vise, dès la conception d’un procédé, d’un bien ou d’un service, à prendre en compte l’ensemble de son cycle de vie en minimisant son impact environnemental ;
  • L’écologie industrielle et territoriale, dénommée aussi symbiose industrielle, constitue un mode d’organisation interentreprises traduit par des échanges de flux ou une mutualisation de besoins ;
  • L’économie de la fonctionnalité privilégie l’usage à la possession et tend à vendre des services liés aux produits plutôt que les produits eux-mêmes (location de machines à coudre, mutualisation d’une machine à laver…) ;
  • La consommation responsable doit conduire l’acheteur, qu’il soit acteur économique (privé ou public) ou citoyen consommateur, à effectuer son choix d’achat en prenant en compte les impacts environnementaux à toutes les étapes du cycle de vie du produit (bien ou service) ;
  • L’allongement de la durée d’usage du produit : le consommateur est incité à recourir à la réparation, à la vente ou don d’occasion ou à l’achat d’occasion dans le cadre du réemploi ou de la réutilisation ;
  • Le recyclage vise à utiliser les matières premières issues de déchets.

L’économie circulaire, une solution environnementale et sociale

A l’heure actuelle, il est clairement possible de faire de l’économie circulaire et de respecter ainsi la planète, les êtres humains et les générations futures. Voici quelques exemples d’actions concrètes à mener au quotidien.

Tu peux passer par une ou plusieurs AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) pour tes produits frais (fruits, légumes, œufs, lait, viande etc)  : cela te permettra de réduire considérablement ton impact sur la pollution de l’environnement. En effet, moyennant quelques heures par mois (environ 3h), tu pourras alors avoir accès, pour un faible prix, à des légumes bio et locaux. Ce système alimentaire est vertueux puisqu’il recrée du lien social entre le citoyen consommateur et le citoyen producteur, respecte la planète grâce à la permaculture, s’ancre sur un territoire et permet de renouer avec de beaux et frais produits. Renseigne-toi auprès de ton université, il est très probable qu’elle possède une AMAP (à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, il y a par exemple la Cagette Verte).

Schéma sur l'économie circulaire : production, commercialisation, utilisation, production à nouveau

Concernant les produits technologiques, le Fairphone est un téléphone portable démontable (ce qui permet de changer seulement la pièce défectueuse au lieu de changer totalement de téléphone), fabriqué sans manufacture infantile et qui ne rejette pas de substances toxiques lors de sa production. Il coûte 500€ et dure le temps d’une vie. Il existe aussi des solutions moins chères : la récup’ ! Réutilise de vieux téléphones, ou bien achete des téléphones reconditionnés (c’est-à-dire remis à neuf) sur des sites tels que Backmarket (article à venir) : pourquoi consommer de la matière première quand nous pouvons trouver du seconde-main valide ? Et cela fonctionne, évidemment, pour n’importe quelle domaine : électroménager, électrique, électronique, vélos, matériel de jardin…

Dans le même esprit , tu peux aussi :

  • Aller dans des FabLab pour utiliser des outils spécifiques et recevoir des conseils de fabrication/réparation. Les FabLab sont des “laboratoires de fabrication” où des logiciels et différents outils, mais aussi des compétences et des savoir-faire, sont en open source pour qui prend une licence
  • Utiliser les transports en communs plutôt que personnels
  • Changer de banque, on t’en parle bientôt !
  • Passer par l’appli Vinted pour te vêtir, par les Emmaüs, les ressourceries…

Ainsi, l’économie circulaire permet d’augmenter les interactions sociales : coopération entre voisins, entre-aide entre citoyen, restauration du lien entre le consommateur et le producteur… Si Blablacar, Airbnb et tant d’autres applis de partage pleuvent aujourd’hui, c’est aussi sans doute parce que notre société manque cruellement de lien social, ce dont notre génération s’est aperçue. Pour résumer, l’économie circulaire se fonde sur l’échange.

En conclusion, lors de sa conférence, Cyril Dion a affirmé qu’il n’est plus seulement temps de changer ses habitudes à la maison, ou encore de faire partie d’une asso sympa à-coté d’un boulot destructeur, mais bien d’avoir un travail qui suit (voir crée) les principes de l’EC et l’Economie sociale et solidaire (ESS), un job pensé pour son bien et celui de TOUS les autres – planète comprise. En fait, il s’agit d’avoir un métier qui a un sens réel quand à l’avenir que l’on se crée et au présent que l’on vit.

Défis Futurable !

→ Lis un livre conseillé par Cyril Dion (dans les sources de l’article)

→ Utilise les transports en commun à chaque fois que tu le peux

→ Achète d’occasion grâce à l’appli Vinted (vêtements) et Leboncoin (objets), à Emmaüs, aux ressourceries…

 

Math & Lisa

 

Sources

Sur l’économie circulaire :

Propos de Cyril Dion lors de la conférence.
Le syndrome de l’autruche, George Marshall, Editions Actes Sud, 2017.
L’espèce fabulatrice, Nancy Hutson, Éditions Actes Sud, 2010.
L’économie symbiotique, Isabelle Delannoy, Editions Actes Sud, 2017.
Site de l’ADEME, « Economie circulaire », en ligne

Sur L’ESS :

Say Yess, « Générations transitions », en ligne.
ESS, Esspace des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire, « Diversité des formes juridiques », en ligne.
CEDEF, Centre de Documentation Economie-Finances, « Qu’est-ce que l’économie sociale et solidaire ? » en ligne.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *