Jusque-là, nous t’avons parlé de nombreuses solutions dans les domaines de la mode, de la consommation etc. Mais nous ne nous sommes pas encore penchées sur la question de l’économie, un pilier fondamental sur lequel repose notre société, et potentiellement aussi le changement de notre système !

C’est pourquoi nous avons décidé qu’il était grand temps de te parler de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS).

Le présent article n’est qu’une introduction très large des différentes facettes de l’ESS. Nous tâcherons de détailler ces dernières dans des articles indépendants !

Main fermée sur des pièces d'euro

L’Economie Sociale et Solidaire, un système financier éthique

L’ESS a pour valeurs “la coopération, l’ancrage local adapté aux nécessités de chaque territoire et l’intégrité sociale” d’après le Labo de l’économie sociale et solidaire. Ce concept se traduit tant sous la forme d’association, d’entreprise, de mutuelle que de fondation. Celles-ci doivent présenter les caractéristiques suivantes :

  • Un but autre que le partage des bénéfices
  • Une gouvernance démocratique
  • Une lucrativité limitée

Aujourd’hui, il existe un véritable réseau ESS, grandissant jour après jour, car ses valeurs attirent de nouveaux entrepreneurs, bénévoles etc. L’ESS touche tous les secteurs d’activité, que ce soit le sport, la culture, l’agriculture, les banques et assurances, l’artisanat… Le rapport préliminaire au projet de la la loi Hamon du 31/07/2014 recensait 2,4 millions de salariés appartenant aux structures de l’ESS.

Parmi les pratiques de l’ESS, on peut également prendre en compte celles qui tentent de mettre en place des alternatives au marché dominant actuel. A titre d’exemple, il y a les SEL (Systèmes d’Echanges Locaux) grâce auxquels, en contrepartie d’heures de travail, un individu peut obtenir des biens et des services sans qu’aucun échange pécuniaire n’ait lieu (ou, du moins, il n’y aucune utilisation de la monnaie officielle). Il en va de même pour les Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs qui permettent, comme le nom l’indique, aux personnes désireuses d’apprendre de nouvelles choses de se tourner vers d’autres individus pouvant leur délivrer leurs connaissances en échange de d’autres connaissances. Ce type de réseau est notamment établi au sein de l’association étudiante clermontoise Lieu’topie. En dernier lieu, il y a les activités locales combinant le marchand et le non-marchand telles que les AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), à-travers lesquelles des producteurs locaux délivrent un panier de fruits et légumes bio aux adhérents : ce dispositif est également mis en place chez Lieu’topie, et probablement aussi dans ton université.

Pile poil pour toi, il existe un webmagazine, Say Yess, qui publie de nombreux articles pour la Génération Transition en quête de métier à sens. Il te parle de formations, d’appel à projet, et publie des articles qui nous touchent particulièrement chez WTBU.

Si tu es à la recherche d’un job dans l’ESS, tu trouveras très certainement ton bonheur sur le portail de Coordination Sud, pour un job ou une mission dans des associations internationales, ou sur celui de l’Udes (qui propose un réseau d’emploi plus vaste) !

L’économie sociale et solidaire, un système viable

Voici quelques chiffres fournis par l’INSEE pour te montrer que l’ESS semble être un système porteur de succès en France :

  • Etablissements employeurs : 221 325 en 2016
  • Salariés et salaires distribués : 2,35 millions de salariés en 2016, soit 10,5% des emplois en France.
  • Taux d’emploi par famille juridique : pour 1000 emplois dans le privé et le public, 13,3 emplois sont dans des coopératives ; 5,3 dans les mutuelles ; 77,9 dans les associations ; 2,7 dans les fondations. En tout et pour tout, ce sont 99,2 emplois pour 1000 dans le secteur de l’ESS.
  • ESS, le secteur qui a crée le plus de postes (2001-2006) : sur une base de 100 en 2001, l’ESS est le secteur qui comptabilise une hausse de l’emploi des plus signifiantes (113,5 en 2006, contre 110,7 pour le privé hors ESS et 105,6 pour le public).
  • ESS et le temps partiel : il est le secteur qui recrute le plus en temps partiel puisqu’il faut 120 emplois pour obtenir 100 emplois-équivalents temps plein dans l’ESS, contre 113 dans le public et 110 dans le privé hors ESS.
  • L’ESS contribuait à hauteur de 6% au PIB de la France en 2013, avec une valeur ajoutée brute créée de 100 milliards d’euros
  • En 2016, en France, l’ESS comptait 2,4 millions de salariés, un chiffre en constante augmentation.

Mains entrelacées

De plus, il apparaît nécessaire de casser les préjugés sur l’ESS tels qu’Eric Dacheux et Daniel Goujon les énoncent dans leur ouvrage Principes d’économie solidaire, coll. Ellipses (2011) :          

  • L’ESS n’est pas un secteur économique réservé aux pauvres et aux exclus. Comme vu précédemment, ce type d’économie insiste sur le « lien avant le bien » et tente de relancer l’emploi, mais cela ne signifie pas qu’il se focalise uniquement sur ces deux perspectives. En effet, l’ESS répond davantage à un choix de vie qui prône une alternative au capitalisme et qui défend la démocratie : « beaucoup des entrepreneurs de l’économie solidaire sont d’ailleurs des personnes dotées d’un fort bagage universitaire qui choisissent de développer des activités solidaires par conviction personnelle et non pas par nécessité économique » (p. 28)
  • Ce n’est pas une économie informelle. Bien au contraire, ici il s’agit de passer de la clandestinité à la légalité. Le commerce équitable en est la preuve.
  • Ce n’est pas une économie assistée. Les aides que peuvent demander certaines structures ne constituent pas leur principal revenu. C’est justement la diversité des ressources (subventions publiques, revenus de prestations sur le marché, aide des bénévoles, …) qui fait de l’ESS ce qu’elle est actuellement, soit un système financier à part entière.
  • Ce n’est pas une économie caritative. Il ne faut donc pas la mettre dans le même panier que des organisations telles de Les Restos du Cœur qui ont pour principe directeur de « faire pour les autres » alors que l’ESS prône le « faire ensemble ».
  • Ce n’est pas non plus forcément une économie marchande. Elle met en avant des principes comme les Système d’Echanges Locaux et des Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs (cités plus haut) qui permettent des échanges sans avoir recours à l’aspect pécuniaire.

 

En conclusion, ce qu’il faut avant tout comprendre, c’est que, dans l’économie sociale et solidaire, on ne cherche pas à atteindre des chiffres d’affaires exorbitants comme cela peut être le cas dans d’autres entreprises. On note au contraire une volonté de se détacher du capitalisme, sans toutefois tomber dans le communisme. Le système économique est viable et durable entre autre grâce aux réserves financières mises de côté et ne pouvant être attribuée à une seule personne.

Lisa & Mathilde
Défi Futurable !

→ Fais un tour sur le site de  Say Yess et sur les sites d’emplois de l’ESS (Coordination Sud et Udes) pour te convaincre du sens de l’ESS

Sources:

Sur l’ESS en général :

CEDEF, Centre de Documentation Economie-Finances, « Qu’est-ce que l’économie sociale et solidaire ? », en ligne
L’économie Sociale et Solidaire, sous la direction de Robert Holcman, Editions Dunod, 2015
Principes d’économie solidaire, Eric Dacheux et Daniel Goujon,  Editions Ellipses, 2011
Conseil National des Chambres Régionales de l’Economie Sociale et Solidaire, « Lancement du Mois de l’Economie sociale et solidaire », Dossier de presse 2017, accessible ici

Sur les SCOP :

Les SCOP, Sociétés Coopératives et Participatives, « Qu’est-ce qu’une SCOP ? », en ligne
CDI Médias, « Les Scop : Comment ça marche ? », 2012, Vidéo Youtube

Sur un nouveau système économique :

L’économie symbiotique : Régénérer la planète, l’économie et la société, Isabelle Delannoy, Editions Actes Sud, 2017

 

2 thoughts on “L’Economie Sociale et Solidaire, un système financier durable en France”

  1. Tres bon article ! J’ai découvert les ESS tres récemment et je trouve ça génial pour faire un métier qui ait du sens, mais suivant ses goûts c’est pas si simple… Certains métiers sont très peu représentés, comme par exemple celui d’ingénieure.

    1. Merci beaucoup Ethizedo ! Nous ne pouvons qu’approuver ta pensée 🙂 En effet, certains métiers sont peu représentés ; mais ne serait-ce pas là une belle occasion d’ouvrir la voie ? 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *