Nos smartphones, ordinateurs, tablettes et autres appareils électroniques occupent aujourd’hui une place fondamentale dans nos vies. Leur achat est cependant souvent un casse-tête : difficile de choisir entre les principales marques présentes sur le marché, surtout sachant que la durée de vie moyenne d’un smartphone dépasse à peine les 2 ans, et que 70 à 80% de son empreinte carbone provient du processus de fabrication, et non pas de son utilisation par le consommateur.

Le rapport publié par Greenpeace en 2017, Guide to Greener Electronics, nous aide à y voir plus clair, en comparant l’action des 17 principales compagnies productrices d’appareils électroniques vis-à-vis de leur impact environnemental. Le rapport se concentre sur 3 secteurs critiques :

  • L’énergie : que font les entreprises pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre ?
  • La consommation de ressources : utilisent-elles des matériaux recyclés ?
  • Les produits chimiques : les entreprises ont-elles éliminé les composants chimiques dangereux de leurs produits et de leur chaîne de production ?

Pour chaque secteur, les compagnies sont notées sur 4 critères :

  • Leur transparence : les données sont-elles accessibles ?
  • Leur engagement : se sont-elles engagées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre ?
  • Leur performance : ont-elles réussi à remplir leurs engagements ?
  • La promotion de la protection de l’environnement : montrent-elles l’exemple ?

Table ronde en bois avec un café dans un mug et un IPhone et une plante verte

L’objectif de transparence, rarement rempli par les entreprises de High Tech

La plupart des entreprises ne donnent que peu d’informations sur leurs fournisseurs et l’impact environnemental de leur chaîne de production, alors que celle-ci est pourtant extrêmement gourmande en énergie : elle constitue 70 à 80% de l’empreinte carbone totale des appareils électroniques. Qui plus est, l’énergie utilisée n’est pas issue des ressources renouvelables. En effet, le charbon constitue la principale source d’énergie pour les usines implantées en Chine et en Asie du Sud-Ouest.

Dès lors, ce constat paraît peu encourageant : pour l’année 2016, le total des émissions de ces 17 entreprises était de 103 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions de la République Tchèque pour la même année.

L’exemple le plus frappant de cette dépense énergétique est le bilan de Samsung, loin d’être bon. En effet, le plus gros producteur de smartphones au monde, également fournisseur de composants clés pour plusieurs autres marques, ne s’est toujours pas engagé à utiliser des énergies renouvelables : seul 1% des 16 000 GWh utilisés en 2016 par l’entreprise proviennent d’énergies renouvelables. De même, les marques de smartphones chinois (Huawei, Oppo et Xiaomi) manquent particulièrement de transparence et d’engagement dans les énergies renouvelables. A titre de comparaison, Facebook, Google et Apple se sont engagés en 2012 à alimenter leurs data centers avec 100% d’énergie renouvelable.

Amazon est l’une des entreprises les moins transparentes, et refuse notamment de reporter l’empreinte carbone de ses opérations, ne produit pas le détail de l’origine des matériaux utilisés et ne montre aucune restriction sur les produits chimiques dangereux utilisés dans ses produits ou la chaîne de production.

Apple, Microsoft et Samsung sont quant à eux accusés d’obsolescence programmée en raison de la conception de leurs appareils qui a pour effet de raccourcir leur durée de vie, notamment parce qu’elle rend difficile les mises à jour aussi bien que l’accès aux pièces de rechange telles que les batteries (une composante pourtant souvent défaillante), accélérant alors le remplacement de la totalité de l’appareil. Au contraire, HP, Dell et Fairphone produisent des produits réparables à la durée de vie plus longue.

Les déchets électroniques, un problème inquiétant

En 2017, leur volume était estimé à 65 millions de tonnes (soit de quoi ensevelir San Francisco sous 4 mètres de déchets). Les programmes de récupération des appareils électroniques usagés mis en place par les entreprises sont souvent peu efficaces, et il est difficile de savoir ce qu’il advient des produits collectés. Au total, moins de 16% des déchets électroniques sont recyclés, et souvent dans des conditions qui mettent en danger la santé des travailleurs et l’environnement local.

Les matériaux recyclés sont également peu utilisés : récemment, quelques entreprises ont incorporé des plastiques recyclés dans leurs produits, dont Dell ; Fairphone utilise du tungstène recyclé, et Apple s’est engagé à récupérer l’étain et l’aluminium de ses appareils obsolètes.

Les engagements pris en 2009/2010 par Acer, Apple, Samsung, Lenovo, Dell et HP pour juguler les produits toxiques présents dans leurs produits ont été retardés : en 2017, seuls Apple et Google ont atteint cet objectif. Par ailleurs, un manque de transparence et de contrôle sur l’utilisation des produits chimiques sur les lieux de travail est souligné : seuls Apple, Dell, Google, HP et Microsoft publient la liste des substances dont l’utilisation a été restreinte lors de la production de leurs appareils.

Greenpeace appelle donc les entreprises à prendre leurs responsabilités, en prônant notamment une transition vers les énergies renouvelables pour réduire leur empreinte carbone, le rallongement de la durée de vie de leurs appareils électroniques et l’élimination des produits chimiques dangereux, et enfin l’amélioration du système de récupération de leurs appareils usagers et l’utilisation des matériaux recyclés.

Ton pouvoir en tant que consommateur

Alors, que peut-on faire à notre niveau ? Déjà, bien choisir nos appareils électroniques, en faisant attention aux engagements pris par les marques en faveur de l’environnement, et leurs performances. Ensuite, garde ton appareil aussi longtemps qu’il fonctionne, et répare-le plutôt que de le remplacer. Enfin, quand tu le remplaces, soit sûr de recycler ton ancien appareil. Et, comme d’habitude, l’achat d’un appareil d’occasion reste l’une des meilleures solutions pour limiter ton empreinte carbone : pour les appareils électroniques, tu peux les choisir reconditionnés par des professionnels (comme Backmarket) afin d’être certain qu’ils seront en état de fonctionnement, tout en payant moins cher et en valorisant les métiers de la réparation ! Pour finir, n’oublie pas : les choix que tu fais font savoir aux marques d’électroniques que tu veux des appareils conçus dans le respect de la planète.

Pour t’aider voici le tableau récapitulatif réalisé par Greenpeace :

Tableau issu du site GreenPeace répertoriant les marques d'électronique de la moins polluante à la plus polluante
Tableau issu du rapport Greenpeace classant les grandes marques de l’électroniques en fonction des notes obtenues sur les critères de l’énergie, de la consommation de ressources et de l’utilisation de produits chimiques dangereux.
Défis Futurable !

→ Pour ton prochain smartphone ou ordinateur, choisis une marque respectueuse de l’environnement ou tourne-toi vers le marché du reconditionné.

→ Recycle et répare tes anciens appareils avant de les jeter.

Amandine
Sources :

Greenpeace, « Guide to Greener Electronics », 2017, en ligne.

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