EN BREF
Ce qu’on fait :

On achète des fringues sans réfléchir parce qu’on adore se vêtir avec style.

En quoi est-ce négatif ?

La fabrication de ces vêtements a un coût environnemental énorme : par exemple, il faut 10 000 litres d’eau pour produire un seul kilo de coton.

Et si…

Et si on cessait de se fringuer au détriment de notre merveilleux écosystème planétaire ?

Comment ?

En prenant conscience de l’impact environnemental du système actuel de production des vêtements, pour arrêter d’acheter ces derniers.

Défi Futurable !

→ Regarde la vidéo de Clément S’emmêle.

 

ARTICLE COMPLET

 

Après t’avoir présenté dans un précédent article les méfaits éthiques dont les firmes transnationales du prêt-à-porter (de la fast fashion et du luxe) sont responsables, nous t’exposons aujourd’hui les problématiques environnementales soulevées par le système de production de vêtements de ces mêmes acteurs. Nous te rappelons aussi que le but de cette série d’article sur les enjeux de la mode n’est pas de te culpabiliser, mais bien de t’aider à t’informer afin que tu acceptes facilement les solutions que nous te présenterons très prochainement 😉

 

Une surconsommation d’eau et de pétrole par les géants du textile

Le coton et le polyester constituent les fibres principales de la composition de nos vêtements. Or, ce sont deux matières qui ont un impact écologique considérable.

En effet, l’agriculture du coton textile consomme une quantité d’eau astronomique : pour te donner une idée, il faut environ 10 000 litres d’eau pour produire un kilo de coton selon le Water Footprint Network. C’est cela qui a causé une catastrophe écologique en Asie centrale : la Mer d’Aral, un lac faisant deux fois la taille de la Belgique à l’origine, est désormais appelée « la flaque d’eau » tant sa taille a réduit du fait de l’irrigation des champs de coton alentours.

Quant au polyester, il s’agit d’une matière fabriquée à partir du pétrole, qui est une ressource non-renouvelable ; et comme il y a 80 milliards de nouveaux vêtements fabriqués chaque année dans le monde, la fabrication de ce composant textile a des conséquences désastreuses.

Il en va de même pour la soie artificielle : 70 millions d’arbres par an sont abattus pour la fabriquer.

 

La pollution des eaux et de l’air par les industries du prêt-à-porter

La culture du coton destiné à la confection de nos habits utilise, à elle toute seule, 25% des pesticides mondiaux.

Par ailleurs, la majorité des usines du textile se situe dans des pays en développement voire sous-développés ; or, la principale source d’énergie de ces derniers provient souvent de la combustion de charbon, un procédé extrêmement polluant.

Mais le fait le plus frappant en matière de pollution textile est certainement le déversement des eaux qui ont servi à la teinture (jean, tee-shirt…) ou au tannage du cuir dans les rivières avoisinantes. En effet, la fixation de la couleur aux tissus et la transformation des peaux animales, notamment, requièrent l’utilisation de nombreux produits toxiques et hautement cancérigènes, tels que le chrome, le mercure, l’ammoniaque, la soude, l’acide sulfurique, le plomb, qui sont mélangés dans de grands bassins d’eaux dans lesquels les fibres textiles ou le cuir sont immergés ; le contenu toxique de ces bassins est ensuite déversé sans aucun filtrage (ou alors inefficace) dans les cours d’eaux voisins. Le Bangladesh par exemple, premier producteur de cuir dans le monde, déverse chaque jour 21 000 mètres cubes de rejets toxiques dans le fleuve Buriganga qui est pourtant la seule source d’eau potable pour les 16 millions d’habitants : ce fleuve est désormais le troisième plus pollué du monde, à tel point que même la faune aquatique n’a pu y survivre. Il en va de même en Chine : 70% des cours d’eaux y sont pollués par les usines textiles, et sont donc impropres à la consommation. C’est la raison pour laquelle l’industrie textile est le second pollueur d’eau.

Enfin, la pollution provient également de la mondialisation de l’industrie du textile : à titre d’exemple, un jean parcourt, avant d’être mis en rayon, une fois et demie le tour du monde (soit 65 000 km), en passant par 4 continents différents. Or, ce processus de fabrication et de distribution des vêtements est un facteur majeur du réchauffement climatique puisque le transport de ces articles se fait majoritairement par camions et cargos, qui représentent ensemble 26% du total des émissions de CO2. Notons que les énergies non-renouvelables utilisées par ces moyens de transport, telles que le fuel pour les cargos, sont généralement de mauvaise qualité et génèrent ainsi des particules de pollution atmosphériques, nocives pour la santé.

 

Une utilisation contestable des surfaces cultivables et des ressources terrestres par les firmes de la mode

La culture du coton destiné à la confection de vêtements est source d’un certain gaspillage des surfaces terrestres : il est produit, chaque année, de 27 à 35,6 millions de tonnes de coton destinées au prêt-à-porter alors que les champs réservés à cette production pourraient servir à l’agriculture alimentaire, puisqu’il y a toujours 795 millions de personnes touchées par la faim dans le monde selon le Programme Alimentaire Mondial. Même chose pour les fleuves pollués par les usines textiles de teinture et les tanneries dans les pays producteurs de vêtements : l’eau n’étant plus potable, cela a des répercussions sur les habitants.

Or, cette utilisation des ressources paraît vaine puisque selon Planetoscope, les Français jettent chacun, par an, 12kg de vêtements (qui sont donc enfouis au lieu d’être donnés ou recyclés).

Voilà en ce qui concerne la réalité environnementale de l’industrie du textile. Suite à cela, es-tu vraiment certain(e) que notre consommation de vêtements vaille le coup de détruire notre écosystème ?

Mais ce n’est pas tout, alors rendez-vous dans quelques jours pour la suite ! 😉

Mel
Sources

Sur la surconsommation d’eau et de pétrole :

Natura Sciences, « L’industrie textile du coton, des impacts à tous les niveaux« , Matthieu Combe, 2018, en ligne.

National Geographic, « Disparition de la mer d’Aral : les causes d’un désastre écologique« , Marie Dias-Alves, 2014, en ligne.

ConsoGlobe Planétoscope, page du polyester, accessible ici.

ConsoGlobe Planétoscope, page du coton, accessible ici.

Sur la pollution des eaux et de l’air :

Observatoire des multinationales, social, écologique, politique, « Les grandes marques et la pollution des eaux en Chine« , Agnès Rousseaux & Nolwenn Weiler, 2011, en ligne.

demivolteface, « Entre cruauté, pollution, trafic d’animaux, le cuir a-t-il encore ses lettres de noblesse ?« , 2014, en ligne.

Huffpost, « La mode jetable est un vrai problème (VIDÉO)« , 2018, en ligne.

Clément s’emmêle, « Les vêtements : 5 étapes mortellement sexy !« , 2016, vidéo YouTube.

Pierrick Auger, « Mondialisation : le tour du monde d’un jeans« , 2013, vidéo YouTube.

Wikipédia, page de la Pollution de l’air, accessible ici.

Sur l’utilisation contestable des surfaces cultivables et des ressources terrestres :

WFP, Programme Alimentaire Mondial, page La Faim Zéro, accessible ici.

ConsoGlobe Planétoscope, page des dépenses en vêtements par les ménages français, accessible ici.

ConsoGlobe Planétoscope, page Collecte et recyclage de vêtements en France, accessible ici.

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