EN BREF

 

Ce qu’on fait :

On achète des fringues aux géants du textile sans réfléchir parce qu’on adore se vêtir avec style.

En quoi est-ce négatif ?

Ces vêtements sont produits par des ouvriers, parfois mineurs, qui travaillent dans des conditions déplorables, ce qui leur cause alors de graves problèmes de santé. Et cela, même en Europe ! De plus, ces produits textiles sont parfois composés de matières qui proviennent d’animaux ayant souffert.

Et si…

Et si on cessait de se fringuer au détriment de vie humaines et animales ?

Comment ?

En prenant conscience des mauvaises conditions de travail des ouvriers du textile ou de la souffrance animale pour arrêter d’acheter les vêtements confectionnés selon ces procédés.

Défi Futurable !

→ Tu peux commencer par arrêter d’acheter des vêtements constitués de matières d’origine animale.

→ Si tu veux aller plus loin, tu peux acheter des vêtements uniquement made in France.

 

ARTICLE COMPLET

 

Ah, la mode, le shopping… L’un des centres d’intérêt les plus présents dans la société occidentale ! Et pour preuve, il se vend environ 80 milliards de vêtements neufs chaque année dans le monde. En effet, nous vivons dans un système libéral où la fast fashion règne.

Le but de cet article n’est pas de te faire culpabiliser parce que tu apprécies les beaux vêtements et que tu aimes faire transparaître ta personnalité dans ton style vestimentaire, bien au contraire, et nous les premières tenons à continuer à nous vêtir comme bon nous semble : cet article est simplement une introduction aux nombreuses solutions éthiques que nous t’exposerons plus tard en matière de style vestimentaire. Pour l’instant, il est essentiel que tu prennes conscience de l’impact que cause le simple achat d’un vêtement neuf : nous allons te montrer que les méfaits de l’industrie du textile sont réels et qu’il est urgent de les faire cesser. Cet article ne sera donc pas des plus réjouissants, mais il nous a semblé que c’était un passage obligé vers la prise de conscience des problématiques entourant actuellement le commerce du textile. Aujourd’hui, il s’agit de te présenter l’enjeu éthique et humain qui entoure les pratiques des firmes transnationales du prêt-à-porter, que ce soit celles des enseignes de fast fashion ou celles des marques de luxe.

 

La dignité humaine bafouée par les géants du textile

L’effondrement de l’usine textile Rana Plaza, survenu en 2013, est un évènement tristement célèbre pour avoir causé la mort de 1100 ouvriers bangladais. Malheureusement, il n’a pas été vecteur de changement significatif pour les conditions de travail de ces derniers : seulement 10% des usines textiles du pays ont des syndicats depuis, et ils sont souvent bafoués par les dirigeants des industries. Par conséquent, les travailleurs subissent des violences physiques, voient leurs droits constamment violés et font des heures supplémentaires forcées. En témoigne le récit, recueilli par l’association Human Rights Watch, d’un ouvrier d’une usine textile située à Chittagong (Bangladesh) qui a subi une agression physique sévère, tout comme son épouse pour avoir voulu renégocier leurs droits au travail : « Quatre personnes me tenaient et me donnaient des coups de barres dans les jambes et deux personnes la battaient à coups de barres de fer. Elle a été frappée à la tête et dans le dos. Elle a été gravement blessée aux bras et elle saignait. Un de ses doigts a été fracturé. Elle a dû recevoir 14 points de suture à la tête. Quand ils battaient Mira, ils disaient ‘Vous voulez avoir des activités syndicales ? Nous allons vous inonder de sang’ ».

Même chose pour une couturière cambodgienne largement sous-payée, c’est-à-dire 60€ par mois alors que c’est un pays qui subit actuellement une forte inflation. Alors, un jour, elle a décidé d’aller militer dans la rue avec des centaines d’autres ouvriers ; la police est arrivée et a entamé une sévère répression en tirant sans avertissement dans la foule. Suite à ces manifestations, beaucoup ont été emprisonnés, dans des conditions inhumaines. Le père d’un travailleur cambodgien tué par la police durant les manifestations a déclaré, s’adressant aux marques et clients occidentaux : « il ne faut plus choisir les vêtements fabriqués par les ouvriers cambodgiens : ils sont tâchés de sang ».

Par ailleurs, les vêtements confectionnés en Europe ne sont, malheureusement, pas exemplaires, contrairement à ce que l’on pourrait croire : selon un rapport de Clean Clothes Campaign, 3 millions d’ouvriers employés dans les industries du textile des pays de l’Europe de l’Est souffrent des mêmes conditions de travail que les travailleurs asiatiques.

 

La réalité du travail des enfants dans les industries du prêt-à-porter

Selon un reportage de Cash Investigation, le travail des enfants est toujours d’actualité dans les usines textiles au 21ème siècle, les empêchant ainsi d’aller s’instruire à l’école pour s’extraire de la misère. A titre d’exemple, un quart des travailleurs des usines textiles de New Delhi, en Inde, sont mineurs. Les enfants employés dans les tanneries du Bangladesh, dont certains sont à peine âgés de 11 ans, s’occupent, paradoxalement, des tâches les plus dangereuses : la manipulation à mains nues des produits toxiques est une activité tellement nuisible pour la santé que les adultes, conscient du risque, refusent fermement de s’en charger. En témoigne le récit de Jahaj, un adolescent de 17 ans souffrant, entre autres, d’asthme, d’éruptions cutanées et de brûlures : « L’eau des fosses contient de l’acide, qui me brûle au moindre contact avec la peau. Quand j’ai faim, tant pis pour l’acide :  j’ai besoin de manger ».

 

 

Les graves problèmes de santé des ouvriers générés par les firmes de la mode

Pour donner aux jeans leur aspect usé prisé par les clients occidentaux, la technique du sablage est utilisés dans les pays les plus pauvres : des ouvriers, dont le visage est seulement couvert par un maigre foulard, projettent pendant 12h par jour du sable à très haute pression sur les toiles de coton brut ; les grains de sable finissent par s’immiscer et s’accumuler dans les poumons des travailleurs et leur provoquent alors la silicose, une maladie respiratoire mortelle.

Dans les tanneries du Bangladesh, le manque d’équipements de protection est également flagrant : les ouvriers sont pieds-nus dans les grands bassins d’eaux gorgées de produits toxiques où ils sont chargés d’immerger les peaux animales afin de les transformer en cuir. Pas de masque pour filtrer l’air non plus, alors qu’ils évoluent dans des lieux fermés dans lesquels se concentrent les vapeurs toxiques. En Inde, Tirupur est une ville connue pour ses teintureries : là encore, les travailleurs manipulent toutes sorte de produits extrêmement nocifs pour leur santé, interdits en Europe pour cette raison (tels que les colorants azoïques ou chlorés). Tout cela cause aux ouvriers de graves problèmes cutanés, respiratoires et cancérigènes : si l’on en croit les autorités médicales locales, le nombre de cancer de la région de Tirupur a doublé en 10 ans.

Quant aux chutes de cuir restant après la fabrication des pièces commandées par les marques occidentales, elles sont brûlées afin d’être mélangées aux aliments servis aux volailles, empoisonnant ainsi toute la chaîne alimentaire et, à terme, les habitants.

La pollution des eaux provoquée par le déversement des rejets toxiques ayant servi à la teinture ou au tannage entraîne également une croissance spectaculaire des cancers et autres graves maladies chez les riverains.

 

 

La souffrance animale résultant des pratiques de production des enseignes du prêt-à-porter

La souffrance des animaux utilisés pour la production de la fourrure notamment est insoutenable : dans les élevages d’animaux à fourrure, ces derniers deviennent cannibales ou s’automutilent, tant leurs conditions de vie sont ignobles (cloîtrés dans une cage minuscule et insalubre, nageant dans leurs déjections) ; concernant les animaux capturés par des mâchoires en acier (technique tellement abjecte qu’elle est interdite en Europe), ils sont ensuite battus ou piétinés à mort afin de préserver leur fourrure.

Cette souffrance animale est également retrouvée pour la production de la laine et du cuir : les élevages de moutons sont trop intensifs pour qu’ils puissent évoluer dans des conditions saines et, une fois qu’ils ne sont plus capables de produire de la laine, ils sont abattus sans ménagement ; il en va de même pour les bovins élevés dans l’optique de récupérer leur peau afin de la transformer en cuir et abattus dans des conditions insoutenables (ils sont par exemple vidés de leur sang alors qu’il n’est pas rare qu’ils soient encore conscients).

Voilà en ce qui concerne la réalité humaine et animale de l’industrie du textile. Suite à cela, es-tu vraiment certain(e) que notre consommation de textile vaille le coup d’infliger autant de souffrance ?

Mais ce n’est pas tout, alors rendez-vous dans quelques jours pour la suite ! 😉

 

Mel
Sources

Sur les conditions de travail des ouvriers du textile :

Arte, « Bulgarie : les « esclaves » du textile« , 2014, en ligne.

Site Clean Clothes Campaign.

Observatoire des multinationales, social, écologique, politique, « Les grandes marques et la pollution des eaux en Chine« , Agnès Rousseaux & Nolwenn Weiler », 2011, en ligne.

L’Express L’Expansion, « Bangladesh : les forçats du cuir de Hazaribagh« , Benjamin Masse-Stamberger, 2014, en ligne.

Natura Sciences, « Cuir : les forçats de la mode« , Matthieu Combes, 2018, en ligne.

Human Rights Watch, « Bangladesh : Deux ans après la tragédie du Rana Plaza, les droits des travailleurs sont toujours bafoués« , 2015, en ligne.

Clément s’emmêle, « Les vêtements : 5 étapes mortellement sexy !« , 2016, vidéo YouTube.

Sur la minorité de certains ouvriers du textile :

Cash Investigation, « Cash investigation : Toxic fringues (Intégrale)« , 2015, vidéo Youtube.

Sur la santé des ouvriers du textile :

demivolteface, « Entre cruauté, pollution, trafic d’animaux, le cuir a-t-il encore ses lettres de noblesse ?« , 2016, en ligne.

Huffpost, « La mode jetable est un vrai problème (VIDÉO)« , 2018, en ligne.

Sur la souffrance animale :

Peta France, « La barbarie du commerce de la fourrure« , en ligne.

EcoVegan, « Industrie du textile« , en ligne.

Libération, « Souffrance animale : « L’objectif n’est pas d’éviter de la douleur à l’animal, mais de sécuriser le travail du tueur ».« , Sarah Finger, 2016, en ligne.

Wikipédia, page Abattoir, accessible ici.

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