EN BREF
Ce qu’on fait :

On achète des fringues aux géants du textile sans réfléchir parce qu’on adore se vêtir avec style.

En quoi est-ce négatif ?

Ces vêtements sont imprégnés de susbtances très nocives à terme pour la santé : ces composants toxiques sont tellement persistants qu’on les retrouve jusque dans les cordons ombilicaux des nouveaux-nés lorsque leur mère a porté des vêtements qui en contenaient.

Et si…

Et si on cessait de se fringuer au détriment de notre santé ?

Comment ?

En prenant conscience des composants nocifs qui constituent les vêtements des géants du prêt-à-porter, pour arrêter d’acheter ces vêtements.

Défi Futurable !

→ Réduire de moitié tes achats pendant les soldes d’été.

 

ARTICLE COMPLET

 

Ce billet vient clôturer la série d’articles “Topo sur la mode et l’industrie du textile” (tu peux retrouver les thématiques complémentaires dans la partie 1 et la partie 2) : c’est certainement celui qui te décourageras le plus d’acheter des vêtements aux firmes transnationales du textile, puisqu’il s’agit ici de te présenter en quoi les vêtements confectionnés par ces dernières sont nocifs pour ta santé. Cet article est nécessaire pour que tu accueilles pleinement les solutions vestimentaires que nous te présenterons très prochainement, et c’est pourquoi il est exceptionnellement très théorique 🙂

 

La toxicité par contact direct des vêtements des industries de la mode

Greenpeace a mené deux célèbres études sur les composants toxiques présents dans les articles textiles neufs provenant des grandes firmes du prêt-à-porter : nous allons seulement te faire une synthèse du deuxième rapport réalisé, le rapport Dirty Laundry 2, parce qu’il a été mené dans une envergure plus grande que le premier (mais les conclusions sont sensiblement les mêmes). L’ONG a ainsi analysé 141 vêtements pour hommes, femmes et enfants, de 20 grandes marques différentes et dont la vente est autorisée dans 29 pays du monde. Ces articles textiles ont été fabriqués dans au moins 18 pays différents ; cependant, il a été impossible de déterminer l’origine de 25 de ces vêtements, ce qui prouve l’opacité des grandes firmes du prêt-à-porter concernant le processus de confection des articles textiles qu’elle vend.

Ainsi, cette étude a relevé que dans deux tiers des vêtements analysés, des éthoxylates de nonylphénol (NPE) étaient présents : ces composants utilisés comme détergents par l’industrie textile sont des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire des molécules qui imitent ou transforment l’action de nos hormones, déréglant ainsi l’activité normale de notre organisme ; ils sont d’ailleurs classés comme “substance dangereuse prioritaire” par  l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS). Dans le rapport de Greenpeace, les NPE détectés dépassaient souvent largement le seuil autorisé par le règlement REACH de l’Union européenne, à savoir 1000 ppm (partie par million) : le taux de concentration pouvait aller jusqu’à 45 000 ppm. Pourtant, ces vêtements toxiques continuent d’être importés en Europe malgré ces mesures. Cela s’explique par deux facteurs : d’une part, il n’y pas de restrictions concernant l’usage de NPE dans les pays producteurs de textile ; d’autre part, les vêtements pénétrant l’Europe sont rarement contrôlés et ce d’autant plus que les procédés d’analyse des NPE sont onéreux et que les laboratoires manquent parfois de moyens matériels. Et puisqu’il n’est pas inscrit sur les étiquettes des vêtements le taux de NPE présent dans ces derniers, le consommateur n’a pas les moyens de vérifier par lui-même les composants qui les constituent.

Dans cette même étude, l’ONG a mis en avant la présence de phtalates, un composant qui sert à assouplir le plastique et qui est donc utilisé pour les décorations textiles (inscriptions et dessins collés sur les pulls, jean…). Or, les phtalates sont des perturbateurs endocriniens reconnus et ils ont été retrouvés dans des taux 370 fois supérieurs au seuil autorisé dans des vêtements pour enfants parmi les 141 échantillons du rapport Dirty Laundry 2.

L’étude menée par Greenpeace montre que tous ces perturbateurs endocriniens ont été retrouvés non seulement dans les vêtements de 14 des grandes enseignes de la fast fashion et du prêt-à-porter, mais également dans ceux de marques de luxe : les produits textiles des grandes maisons de couture françaises apparaissent être les pires concernant l’utilisation de substances dangereuses, parmi ceux des 8 marques de luxe analysés.

 

 

Par ailleurs, si les vêtements en matière synthétique sont généralement infroissables, c’est bien souvent grâce au formaldhélyde, un composant pourtant classé parmi les “substances cancérogènes avérées pour l’homme” par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Cet élément permet également de fixer les teintures et c’est pour cela qu’il est retrouvé dans un grand nombre de vêtements. Outre l’aspect cancérogène du formaldhélyde, ce dernier aggrave également le terrain asthmatique et allergique des consommateurs, et ce même à faible dose. En témoigne le récit d’un moniteur de plongée qui n’a pas pu poser les pieds par terre pendant deux mois à cause de sévères brûlures provoquées par un composant toxique des chaussons de plongée qu’il avaitachetés, selon un reportage d’Envoyé spécial.

Pour les vêtements “sans repassage”, ce sont les composés perfluorés (PFC) qui sont à l’ouvrage : ces tensio-actifs empêchent certes les graisses et l’humidité de pénétrer les fibres textiles, mais sont des perturbateurs endocriniens qui sont à l’origine de problèmes d’infertilité ou de mauvais développement du foetus, mais aussi de cancers et perturbations du système neurologique.

Enfin, le tannage du cuir se fait majoritairement avec des métaux lourds tels que le chrome III, qui se transforme en chrome IV lorsqu’il est associé à d’autres substances. Or, ce chrome IV est un allergène notoire pouvant, par exemple, provoquer de sérieux cas d’eczéma, mais est surtout un composant cancérigène.

 

La toxicité indirecte des vêtements des géants du textile

Lorsque nous lavons nos vêtements comprenant des éthoxylates de nonylphénol (NPE), ces derniers se déversent avec les eaux de lavage dans les égouts : ils s’y décomposent alors en nonylphénol (NP), un perturbateur endocrinien nocif pour les organes reproducteurs, la fertilité et la croissance, et cancérigène, selon Greenpeace. Or, comme le NP est bio-accumulable (il s’accumule dans les organismes vivants) et qu’il n’est pas filtré par les usines de traitement de l’eau, le déversement des eaux de lavage dans les milieux aquatiques contamine la faune aquatique et, à terme, toute les chaînes alimentaires, dont la nôtre : grosso modo, les poissons vont ingérer du NP, nous allons pêcher ces poissons et les consommer et donc, à notre tour, ingérer du NP. En outre, nous pouvons également ingérer du NP lorsque nous consommons des légumes qui proviennent d’une surface où l’épandage hivernal a été fait à partir d’eaux polluées par les eaux de lavage.

De plus, les teintureries et les tanneries des pays producteurs de textile déversent, dans les cours d’eaux voisins, les eaux gorgées de métaux lourds et autres composants toxiques dans lesquels les vêtements ont trempé : ces cours d’eau, à terme, finissent par se déverser à leur tour dans les mers et les océans et c’est ainsi que des polluants finissent par atteindre nos rives.

Par ailleurs, lorsque nous nous débarrassons de vêtements, ceux-ci sont brûlés ou enterrés et cela contamine notre écosystème et les êtres humains, selon Jérôme Frignet, chargé de la campagne Detox de Greenpeace..

D’autre part, le problème des produits toxiques utilisés par les sous-traitants des géants du textile est qu’ils sont tellement persistants qu’ils altèrent non seulement la santé de l’acheteur en contact direct avec les vêtements, mais aussi celle du foetus de la mère portant ces vêtements : une autre étude de Greenpeace, Toxique en héritage, montre que ces substances ont été identifiées dans le sang de cordons ombilicaux.

 

 

Enfin, les travailleurs qui ouvrent les containers ayant transportés des articles textiles sont empoisonnés par les substances chlorées utilisées pour prévenir l’apparition de champignons, moisissures et rongeurs : même si les douaniers du Havre se sont révoltés contre ces vapeurs toxiques qu’ils respirent quotidiennement, les contrôles de la qualité de l’air ne sont pas obligatoires et les mesures prises largement insuffisantes puisqu’elles se résument à laisser ouvert le container afin que l’air se renouvelle à l’intérieur des contenants maritimes.

 

Pour conclure, il est difficile d’imaginer que l’achat d’un seul vêtement produise autant de dégâts, mais c’est pourtant bien la réalité ! Les industries du textile ont des stratégies de marketing et de comm’ très performantes qui font qu’on oublie souvent la sale histoire du vêtement avant qu’il n’atterisse dans notre placard.

A nous de ne pas oublier que les firmes transnationales du prêt-à-porter pourraient mieux payer et mieux contrôler leurs sous-traitants pour éviter l’exploitation des travailleurs, la pollution de l’environnement et les problèmes de santé des consommateurs, et qu’elles restent les maîtres du jeu. A nous, donc, de ne pas prendre part à ce jeu que nous ne cautionnons pas. Cela nécessite un véritable travail sociétal ; et la société, c’est toi, moi, bref, c’est nous, tous ensemble, qui pouvons mettre un terme à ces pratiques, car on achète le monde que l’on veut.

Et si tu ne souhaites pas arrêter d’acheter des vêtements aux géants de la mode pour l’environnement et l’humanité, peut-être peux-tu le faire pour toi et ta santé ? Et promis, arrêter d’acheter ce genre de vêtements n’est pas une fatalité, il existe teeellement d’autres manières bien plus respectueuses pour se vêtir avec style, tu verras 🙂

Mel
Sources

Sur la toxicité des vêtements par contact direct :

https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2017/02/Les-dessous-toxiques-de-la-mode_2012.pdf?_ga=1.32805052.38154800.1491913540

https://www.greenpeace.fr/petite-histoire-dun-mensonge-a-la-mode/

https://www.bastamag.net/Textile-ces-vetements-qui-nous

http://multinationales.org/Les-grandes-marques-et-la

http://www.natura-sciences.com/environnement/cuir-les-forcats-de-la-mode498.html

https://www.youtube.com/watch?v=4iEEDsU7YX8

http://www.natura-sciences.com/environnement/impacts-environnementauxindustrie-textile.html

https://demivolteface.com/2014/09/26/entre-cruaute-pollution-trafic-danimaux-le-cuir-a-t-il-encore-ses-lettres-de-noblesse/

https://www.youtube.com/watch?v=ibgzoD6NfHU

http://www.futura-sciences.com/sante/definitions/biologie-perturbateur-endocrinien-9026/

https://www.consoglobe.com/cuir-substances-composition-cg

http://www.greenpeace.org/international/en/publications/reports/Dirty-Laundry/

http://www.greenpeace.org/international/Global/international/publications/toxics/Water%202012/ToxicThreads01.pdf

https://greenpeace.fr/detox-catwalk/

http://www.greenpeace.org/international/Global/international/publications/toxics/Water%202012/ToxicThreads01.pdf

 

Sur la toxicité indirecte des vêtements :

http://multinationales.org/Les-grandes-marques-et-la

https://www.youtube.com/watch?v=4iEEDsU7YX8

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nonylph%C3%A9nol#Toxicit.C3.A9

http://www.ecobase21.net/Produitschimiques/PDFs/Toxiqueenheritage.pdf

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