EN BREF
Ce qu’on fait

Nous achetons nos produits cosmétiques auprès des géants de l’industrie pharmaceutique.

En quoi est-ce négatif?

En pensant soigner et prendre soin de notre corps, nous ne réalisons pas leur méfaits sur notre santé, sur l’environnement et sur les animaux.

Et si…

Et si tu cessais d’embellir ton corps au détriment de ta santé, de l’environnement, de l’humanité et des animaux ?

Comment ?

En prenant conscience de l’impact réel des produits cosmétiques “classiques”, pour arrêter d’acheter ces derniers.

Défis Futurable !

→ Tu peux commencer par faire le point sur les produits se trouvant dans ta salle de bain qui sont nocifs soit pour l’environnement, soit pour ta santé, soit pour les animaux.

→ Achète seulement ce qui est nécessaire : tu es beau/belle au naturel !

ARTICLE COMPLET
Vieux rouge à lèvres

« Il faut souffrir pour être belle » : voilà une expression qui fait foi dans notre société. Mais à quel prix ? Celui de notre santé, de l’environnement et des animaux ?

Malgré nos nombreuses recherches sur l’aspect social du sujet nous n’avons rien trouvé sur les conditions des travailleurs, ce qui prouve l’opacité de l’industrie cosmétique et le poids énorme des lobbies, bien que cela n’implique pas nécessairement le pire.

Le but de cet article est de t’exposer les problématiques que pose le mode de fonctionnement actuel des industries cosmétiques, pour ensuite te proposer des alternatives plus éco-friendly et respectueuse de ton corps. Car, malgré un grand nombre de mesures légales, tant françaises qu’européennes, énonçant les limites, interdictions et devoirs des firmes cosmétiques, de nombreuses infractions sont pourtant régulièrement commises par les grandes firmes.

En France, l’article L 531-1 du Code de la Santé publique définit un produit cosmétique de la façon suivante : “un produit cosmétique ou une substance est une préparation destinée à être mise en contact avec les diverses parties superficielles du corps humain notamment l’épiderme, les systèmes pileux et capillaires, les ongles, les lèvres et les organes génitaux externes, ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue, ou exclusivement principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles”.

Les produits cosmétiques, une industrie mettant notre santé en péril

Vieille mousse à raser

Les produits cosmétiques, de quelque marque qu’ils soient, contiennent tous des composants à peu près similaires, utilisés pour améliorer leur aspect, leur conservation, leur application ou servant à remplacer des composants ayant la même action, mais trop coûteux. Seulement, tous ces composants sont nocifs pour la santé et sont bien souvent des perturbateurs endocriniens, que la Commission européenne définit comme suit : “Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui altèrent le fonctionnement du système hormonal chez l’homme et l’animal. Ils ont trois caractéristiques cumulatives : une fonction hormonale, un effet indésirable, et un lien de causalité entre les deux”. Ainsi que le mentionne le site Euronews, même à très faible concentration, les perturbateurs endocriniens restent nocifs et entraînent, selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les pathologies suivantes :

  •        Pathologies diverses des organes de reproduction
  •        Altération de la fertilité
  •        Endométriose
  •        Cancer du sein ou de la prostate
  •        Puberté précoce
  •        Obésité
  •         Asthme
  •         Hypertension
  •         Maladies d’Alzheimer et Parkinson
Ancien mascara

Parmi les composants toxiques présents dans nombre de produits cosmétiques, on retrouve notamment :

  • Les alkylphénols, des perturbateurs endocriniens notoires agissant comme lubrifiant, base de parfums ou antioxydant.
  • Les filtres UV organiques (ou filtres UV chimiques), utilisés dans les crèmes solaires pour protéger des rayons, qui sont pour beaucoup des perturbateurs endocriniens.
  • Le formaldéhyde qui est irritant et allergisant, mais qui est surtout classé parmi les « substances cancérogènes avérées pour l’homme » pour les cancers du nasopharynx (cancers des voies aérodigestives supérieures) par inhalation par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) depuis 2004. Les industries pharmaceutiques et cosmétiques l’utilisent comme désinfectant, antiseptique et additif antibactérien. Il est également présent dans les vernis.
  • Les parahydroxibenzoates ou parabènes (ou parabens) qui sont allergisants et, pour certains, sont également des perturbateurs endocriniens. Les parabènes sont relativement bien tolérés par l’organisme d’une manière générale, mais peuvent mener à des allergies urticaires ou dermatites. Cela étant, lors de plusieurs études, il a été constaté qu’ils jouaient un rôle dans l’activité oestrogénique (vieillissement de la peau), et pourraient même être responsables du cancer du sein.
  • Les phtalates, des perturbateurs endocriniens dangereux pour le foetus et entraînant des troubles de la fertilité, que servent de fixateurs dans les vernis, laques pour cheveux, parfums…
  • Le sodium laureth sulfate et le sodium lauryl sulfate, des agents moussants et un tensioactifs irritants notoires, qui sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. Le Sodium Lauryl Sulfate affecte également le développement des yeux chez les enfants.
  • Le triclosan présent dans les dentifrices, qui est un allergisant qui pourrait affecter les fonctions musculaires et être un perturbateur endocrinien selon les recherches scientifiques en cours. Pour ces raisons, il a été interdit dans les mousse à raser en 2015.

Les composants détaillés ci-dessus, officiellement reconnus comme étant nocifs pour la santé, sont pourtant toujours présents dans les cosmétiques. En témoigne une récente étude menée par l’UFC – Que choisir, publiée le 7 juin 2017, qui répertorie plus de 1000 produits cosmétiques toxiques toujours en vente, dont 23 « hors la loi » : tu peux consulter les différentes rubriques du site d’UFC – Que choisir et checker si les produits que tu utilises sont nocifs ou non (tu seras surpris de voir le nombre de produits « phares » qui y sont blacklistés). Pour le moment, rien n’est annoncé quant à l’interdiction de ces produits.

Les produits cosmétiques, une industrie nocive pour l’environnement

Ancien fard à paupières

Dans les exfoliants, les dentifrices et les produits lessive en particulier, il y a des “microbilles” : ce sont de toutes petites particules en plastique, qui ne sont pas toujours visibles à l’œil nu. Or, lors du rinçage, ces microparticules sont déversées dans les océans et rivières, car elles sont trop petites pour être retenues par les filtres des usines de traitements des eaux.

En outre, ces microbilles, puisqu’elles sont constituées de plastique, ne peuvent être bénéfique pour la santé : rien que les fumées libérées lors la fabrication du plastique sont toxiques. D’autant plus qu’elles contaminent ensuite notre chaîne alimentaire : la faune et la flore aquatique les ingurgitent, et nous retrouvons ainsi ces microparticules dans nos assiettes. Elles sont par la suite retrouvées dans le sang, dans le plasma, dans le lait maternel etc. De surcroît, le plastique PolyÉthylène (“PE”, reconnaissable par le “02” ou “04” sous les flacons ou bouteilles plastiques quand il est présent dans l’emballage) constituant les microbilles et la plupart des emballages est connu pour attirer les micro-organismes tels que les bactéries et les virus, créant alors des amas nocifs transportés au gré des courants océaniques.

S’ajoute à l’impact négatif du plastique celui de la pollution des eaux. En effet, au même titre que l’industrie textile, l’industrie des cosmétiques déverse chaque jour des milliers de mètres cubes d’eaux usées et non-filtrées dans la nature.

Les produits cosmétiques, une industrie cruelle pour les animaux

Ancien gel pour homme

En Europe, depuis le 21 septembre 2016, il est officiellement interdit de procéder à des tests sur des animaux pour les produits cosmétiques. Selon l’édition de  20 minutes du 11 mars 2016 : “Avant l’interdiction des tests, près de 9 000 animaux, rats, souris, cochons d’Inde et lapins étaient utilisés par l’industrie cosmétique en Europe en 2004, selon les chiffres de la Commission européenne. Ils n’étaient plus que 1 510 après la première interdiction en 2004 et 344 en 2009. Mais hors de l’Europe, on estime qu’encore 15 000 à 27 000 animaux subiraient des tests en laboratoire.”

Presque 10 ans plus tard, en 2013, certaines dérogations subsistent pour “protéger la santé humaine et l’environnement” et certains produits ne sont, au jour d’aujourd’hui, toujours pas compatibles avec des méthodes de test autres qu’animal.

Malheureusement, il n’existe pas réellement de moyen pour savoir si les produits ont été testés sur les animaux ou non, même ceux comprenant le label “cruelty free”. Cependant, si tu appliques les astuces ci-dessous, les chances que tu choisisses un produit cosmétique testé sur les animaux seront très faibles :

  • Privilégie les cosmétiques bio certifiés avec un pourcentage élevé d’ingrédients bio (indiqué sur l’emballage) ;
  • Privilégie les ingrédients au nom court, car la plupart du temps, cela signifie qu’ils ont peu été transformés chimiquement ;
  • Privilégie les produits dont la liste des composants contient le plus de mots latins possible. En effet, cela certifie que les produits sont d’origine végétale ;
  • Privilégie les produits labellisés « sans cruauté animale » = « cruelty free », qui réduisent considérablement les risques de tests réalisés sur les animaux.
Crème inutilisée

Si l’UE tente de réduire la cruauté animale, c’est loin d’être le cas en Chine où, jusqu’en 2014, il était obligatoire de tester les produits cosmétiques importés sur les animaux. L’administration chinoise s’est quelque peu assouplie mais les faits restent tout de même aberrants ! Alors attention lorsque tu choisis d’acheter des produits cosmétiques importés de Chine.

Il existe des tests alternatifs qui consistent à observer la réaction des produits cosmétiques sur des cellules végétales ou sur des cellules humaines fabriquées in vitro. Certains produits sont directement testés sur les humains. D’autres, en particulier ceux concernant la sensibilisation cutanée, ne pourront pas voir le jour avant 2019.

Rouge à lèvre pas si inoffensif…

En guise de conclusion, il me semble important de préciser qu’encore une fois ce qui vient d’être cité n’est pas joyeux joyeux mais que la tendance actuelle est aux produits cosmétiques bio, naturels et respectueux à tout point de vu, notamment grâce aux labels. Ce qui est donc totalement positif ! De nombreuses alternatives aux cosmétiques classiques existent et il serait dommage de s’en priver. Nous exposerons tout cela dans les prochains articles 😉

Lisa
Sources

Concernant l’environnement :

Cheminement, « Le plastique : son impact sur la santé humaine et l’environnement », Chloé Gourde, 2015, en ligne.

Le Figaro.com, « Pollution marine : les microbilles cosmétiques dans le viseur », Pauline Fréour, 2014, en ligne.

IzyPeo, « Impact environnemental : L’industrie de la cosmétique joue la carte de l’environnement », Nathalie Labate, 2015, en ligne.

Futura Planète, « Sante publique et pollution : quel rôle joue le plastique ? », Delphine Bossy, 2013, en ligne.

Concernant la santé :

Que choisir, « Comparatif Substances toxiques dans les cosmétiques », mis à jour en 2018, accessible ici.

Mr Mondialisation, « Ces 23 produits cosmétiques contiennent des substances interdites », 2017, en ligne.

Priorité Santé Mutualiste, « Principales substances toxiques contenues dans les produits cosmétiques et leurs effets sur la santé », 2013, en ligne.

Universalis, « Perturbateurs endocriniens », Vincent Laudet, en ligne.

Maladie et Santé, « Les cosmétiques », Pierre, 2009, en ligne.

Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, « Répertoire toxicologique », accessible ici.

Concernant les animaux :

Les Happycuriennes, « On vous dit tout sur la cosmétique vegan : absence de tests sur les animaux », en ligne.

Concernant les nouvelles tendances :

Cosmetic Valley, « Cosmetic Valley lance IMPACT+ Première plateforme informatique nationale de mutualisation des matières premières cosmétiques et articles de conditionnement », 2015, en ligne.

eco-Sapiens.com, « Cosmétiques bio et naturels : un casse-tête pour le consommateur », 2007, en ligne.

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